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une passion : l'Histoire

La Bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745.

Bataille de Fontenoy (1747)
par Pierre Lenfant (1704-1787).

« Voyez tout le sang que coûte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l’épargner. »

Louis XV (1710-1774), à son fils le Dauphin, au soir de la victoire de Fontenoy, 11 mai 1745. Les Pensées des rois de France (1949), Gabriel Boissy.

Å Fontenoy, dans le Hainaut belge, près de Tournai, l’armée française de Louis XV, sous le commandement du maréchal Maurice de Saxe, bat une coalition formée des Provinces-Unies, de la Grande-Bretagne, du Hanovre et de l’Autriche, commandée par William Augustus, duc de Cumberland (1721-1765).

Louis XV en armureCarle van Loo (1750), musée des beaux-arts de Dijon.
Portrait de Maurice de Saxe (1696-1750), maréchal de France, par Quentin de La Tour, vers 1748, musée de la Vie romantique, Paris.

La bataille, décisive quant à l’issue de la guerre de la Succession d’Autriche, se déroule en présence – fait rarissime – du roi Louis XV et de son fils, le Dauphin (15 ans), futur père de Louis XVI.

Maurice de Saxe et le roi Louis XV à la bataille de Fontenoy, par Horace Vernet (1790-1863), 1828, musée de Versailles
La bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745Louis XV montrant le champ de bataille au dauphin Louis-Ferdinand.

Cinq ans plus tôt, la mort de l’empereur Charles VI et la montée de sa fille Marie-Thérèse sur le trône autrichien ont jeté les grandes puissances européennes dans la guerre, avec des alliances à direction variable. Allié de l’Électeur Charles-Albert de Bavière, le roi Louis XV lance ses troupes sur les Pays-Bas autrichiens (la Belgique actuelle). 

L’Europe après le traité de Vienne de 1738, à la veille de la guerre.

Maurice de Saxe, qui commande l’armée, entreprend le siège de Tournai. 

Siége de Tournai.
Siège de Tournai et de ses citadelles (14 mai 1745), par Pierre Lenfant.

Mais les armées alliées, sous le commandement duc de Cumberland, troisième fils du roi d’Angleterre George III, tentent de le prendre en tenaille.  Le maréchal n’a d’autre solution que de livrer bataille. Le roi Louis XV et le Dauphin, devant l’importance de l’enjeu, décident de le rejoindre le 8 mai 1745 pour stimuler l’ardeur des combattants.

La bataille de Fontenoy par Pierre Lenfant (1745).

Lors de la bataille de Fontenoy, le maréchal Maurice de Saxe n’aligne en un premier temps qu’une force de 55 bataillons d’infanterie, de 101 escadrons de cavalerie, du corps des arquebusiers de Grassin, et de 60 pièces d’artillerie, soit quelque 48 000 hommes. Au fil du combat, ses effectifs sont toutefois renforcés par l’arrivée de nouvelles unités qui porteront en définitive les effectifs français au nombre de 62 bataillons et de 123 escadrons, soit quelque 53 000 hommes. Une force de 25 bataillons d’infanterie, de 2 bataillons et demi d’artillerie et de 17 escadrons de cavalerie, aux ordres du lieutenant-général marquis de Brézé, resta postée face à la ville de Tournai.

Les gardes française par JOB.

Les forces du duc William de Cumberland regroupent quant à elles quelque 47.500 hommes, répartis en 46 bataillons, 90 escadrons, deux compagnies franches autrichiennes et 93 pièces d’artillerie. Les troupes alliées se répartissent en 22 000 Néerlandais, 16 900 Britanniques et 7 168 Hanovriens. Ne regroupant que 1350 hommes, le contingent autrichien, aux ordres du Feldmarshall Königsegg, est formé de quatre escadrons de dragons ( Ferdinand de Ligne et Limbourg-Styrum), de quatre escadrons de hussards (Kàrolyi et Beleznay) et de deux compagnies franches (Bouvier et Pertuiseaux).

Soldats anglais du 1st Foot Guards.

Dès le 9 mai, le maréchal de Saxe a habilement choisi le terrain et disposé ses troupes sur une ligne brisée, face à une petite plaine au bord de l’Escaut. Le duc de Cumberland dispose ses hommes de façon classique en ligne mince face aux Français.

Plan de bataille (BNF).

La bataille commence dès la dissipation des brumes matinales par une canonnade de deux heures. Ensuite monte à l’attaque l’infanterie alliée. 

Suite à l’échec de plusieurs attaques ciblées, Cumberland ordonne une attaque en masse de 15 à 16.000 hommes, sous la forme de trois grosses colonnes qui mêlent l’infanterie, la cavalerie et l’artilleries, en remontant un sol légèrement pentu, le célèbre « ravin » de Fontenoy. L’ensemble se resserre en arrivant au contact des Français, vers midi.

« Bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745 », oeuvre du peintre Louis-Nicolas Van Blarenberghe, 1779.

Cette phase du combat aurait donné lieu à une anecdote légendaire, popularisée par Voltaire dans un ouvrage historique, paru en 1756. Invité à ouvrir le feu en premier par Sir Charles Hay, officier du 1er bataillon des Gardes anglaises, le comte Joseph-Charles-Alexandre d’Anterroches (1710-1785), officier français des Gardes françaises, lui aurait rétorqué :  » Monsieur, nous n’en ferons rien ! Tirez vous-mêmes ! « . Cette anecdote, ne reposant que sur la seule version de Voltaire, est historiquement invérifiable. Il était cependant d’usage lors des batailles de se proférer des moqueries, voire des insultes, pour forcer l’adversaire à ouvrir un feu disparate et se retrouver en état de faiblesse. Quoi qu’il en soit, la tradition populaire ne devait retenir du légendaire dialogue, transcrit par Voltaire, qu’une citation déformées : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » et faire de Fontenoy l’exemple type de la guerre en dentelles.

Bataille de Fontenoy Lord Charles Hay et Comte d’Enteroches : Messieurs les anglais tirez les premiers, oeuvre du peintre Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, 1873.

Les combattants se jettent dans une mêlée furieuse et sanglante. Les Français semblent fléchir et plusieurs officiers, autour du roi et du maréchal, évoquent une possible retraite.

La bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745  » Horace Vernet, 1828.

Mais le maréchal de Saxe fait alors la démonstration de son talent de stratège. 

La bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745
Lenfant Pierre (1704-1787)
Paris, musée de l’Armée.

Ayant mesuré la fragilité de la grosse colonne ennemie, il la stoppe par l’utilisation à bout portant de quatre canons puis lance plusieurs attaques coordonnées sur ses flancs. Parmi les assaillants s’illustrent la maison du roi emmenée par le duc de Richelieu et l’infanterie irlandaise de Löwendal.

La bataille de Fontenoy, par Ėdouard Detaille.

En un quart d’heure, la colonne, assaillie de tous côtés, ploie sous un déluge de fer et de feu. C’est en définitive aux Français que revient la victoire, l’une des dernières en date de l’Ancien Régime.

Sur la base d’une étude récente et détaillée des pertes, effectuée par l’historien belge Alain Tripnaux sur l’ensemble des archives européennes, le total des pertes des deux armées fut de quelque 15 000 tués et blessés, dont 2 300 tués français et 2 500 tués alliés. Ses recherches lui ont permis d’établir une liste nominative de 603 officiers français tués-blessés et de 402 officiers alliés tués-blessés. Au terme du combat, les Français s’emparèrent de 36 pièces de l’artillerie alliée et de 150 à 180 caissons.

Le soir de la bataille, comme le Dauphin manifeste une joie débordante à l’évocation des combats, son père l’admoneste avec une sagesse inaccoutumée : « Voyez tout le sang que coûte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire, c’est de l’épargner ».

Louis (1729-1765), Dauphin de France en 1745, par Maurice Quentin de La Tour.

Sitôt après le Te Deum célébré à Paris le 20 mai suivant, le maréchal de Saxe reçoit en récompense de ses exploits à Fontenoy le domaine de Chambord et le droit de pénétrer à Versailles en carrosse. Lui-même ne s’en soucie guère et poursuit ses opérations. 

Il conquiert toute la Flandre, obtient la reddition de Bruxelles le 21 février 1746, un exploit sans précédent dans l’Histoire de France qui vaut au héros la dignité de maréchal général, que n’avaient eu avant lui que Turenne et Villars.

Au terme de trois grandes batailles (Fontenoy, Raucoux et Lawfeld) et de 24 sièges de places dans les Pays-Bas autrichiens et le sud des Provinces-Unies, une paix fut signée le 18 octobre 1748, à Aix-la-Chapelle. Voulant traiter « en roi et non en marchand », Louis XV rétrocéda toutefois toutes ses conquêtes autrichiennes sans contrepartie, à l’inverse du roi Frédéric II de Prusse qui conserva la Silésie, conquise sur l’Autriche en décembre 1740. Jugeant cette paix désastreuse, l’opinion publique en France critiqua amèrement le choix du monarque français et en conclut que les soldats français n’étaient finalement tombés sur les champs de bataille que pour le seul profit du roi Frédéric II. « Se battre pour le roi de Prusse » et « bête comme la paix » devinrent alors en France des maximes populaires.

Exemple de traité imprimé en dehors des chancelleries.
Carte de l’Europe au moment du traité (1748).

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Fontenoy

https://www.herodote.net/11_mai_1745-evenement-17450511.php

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article7761

https://www.britishbattles.com/king-georges-war-austrian-succession/the-battle-of-fontenoy-1745/

https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1985_num_4_4_1406

https://www.canalacademie.com/ida8108-Les-Academiciens-racontent-l-histoire-Louis-XV-1-4.html

https://www.canalacademie.com/ida3489-Tirez-les-premiers.html#:~:text=La%20bataille%20de%20Fontenoy%20se,fran%C3%A7aises%20et%20irlandaises%2C%20sera%20d%C3%A9cisive.&text=Il%20aurait%20bu%20%C3%A0%20la,plaisant%C3%A9%20sur%20leur%20r%C3%A9cente%20d%C3%A9faite.

La défaite de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954.

La chute de Diên Biên Phû sonnait le glas du pouvoir français non seulement en Indochine, mais dans J’ensemble de ce que l’on appelait alors l’Union française. Avant de marquer ainsi la fin d’un empire, elle avait failli déclencher un conflit international.

L’Union française
est créée par la Constitution du 27 octobre 1946 (fondatrice de la Quatrième République) qui modifie le statut des colonies.
L’Empire colonial français devient l’Union française, et les colonies des départements et territoires d’outre-mer.
Ce cadre juridique abolit le Code de l’indigénat et donne un statut aux colonies françaises proche de celui du Commonwealth.
La Cinquième République lui fera succéder en 1958 la Communauté française, conformément aux conclusions de la conférence de Brazzaville en 1944.
Union française, états-associės en 1953.

Le 7 mai 1954, le camp retranché français de Diên Biên Phu tombe sous l’assaut des troupes du général Giap, commandant de l’armée Viêt-minh. C’est la fin de la plus longue et la plus meurtrière bataille française de l’après Seconde Guerre mondiale. Et la dernière grande bataille de la guerre d’Indochine (1946-1954).

Mais cette défaite cuisante pour la France sonne aussi le glas de la présence coloniale française en Asie.

C’est en 1953 que le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) établit un camp retranché dans la vallée de Diên Biên Phu -traversée par la rivière Nam Youm- dans le pays Thaï, près de la frontière laotienne et chinoise.

Le but est d’arrêter l’avancée des troupes du Viêt-minh Hô Chi Minh vers le Laos.

Au printemps 1954, des soldats du corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient, dans la plaine de Dien Bien Phu.
© Archives Snark / Photo12/ AFP.

La position retenue est une plaine (le terme de «cuvette» est resté associé à Diên Biên Phu) de 16km sur 9, entourée par de petites collines -sur lesquelles sont construits des points d’appui qui portent des prénoms féminins («Gabrielle», «Béatrice», «Dominique», «Éliane», «Claudine»…).

Vue aérienne du site de Dien Bien Phu en 1954. Quatre mois après l’arrivée des soldats, la plaine s’est muée en camp retranché. Sur une dizaine de kilomètres, c’est un véritable piège, miné, hérissé de barbelés. Poumon vital du système, un aérodrome, seul accès pour le ravitaillement. ©AFP.
Dispositif de bataille à Diên Biên Phu en mars 1954 – En vert les PA français et position en noir des cinq divisions viêt minh.

Le PC est installé au centre de la cuvette et au sud se trouve la base «Isabelle».

La bataille de Diên Biên Phu débute véritablement le 13 mars 1954 avec l’assaut du Viêt-minh contre le point d’appui «Béatrice».

Guerre d’Indochine: bataille de Diên Biên Phu: assaut du Viêt-Minh donné contre la colline Béatrice: lieu où fût déclenchée le 13 mars 1954 l’attaque contre le camp retranché français. Rue des Archives/©Rue des Archives/PVDE.
Les positions françaises du 13 au 15 mars 1954 et les premiers assauts viêt minh.

Le camp est dirigé par le général de Castries.

Bataille de Diên Biên Phu (du 13 mars au 7 mai 1954): le général Christian de La Croix de Castries dans un abri, le 5 avril 1954. Rue des Archives/Picture Alliance/Rue des Archive.
État-major français (Batella, Bigeard, Tourret et Langlais).

Les combats font rage pendant deux mois. Progressivement les troupes ennemies encerclent les positions françaises, dont les effectifs et le matériel sont numériquement plus faibles.

Soldats viêt minh.
Soldats français.

Les blessés sont soignés sur place par l’infirmière Geneviève de Galard.

Geneviève de Galard (née en 1925 ), l’ange de Dien Bien Phu.

Après une résistance héroïque -avec des combats au corps à corps- le camp retranché tombe le 7 mai 1954, jour de l’assaut final des forces du général Giap.

Võ Nguyên Giáp en 1954.
Les soldas vietnamiens posèrent le drapeau vietnamien sur le bunker de commande De Castries.

Le cessez-le-feu est annoncé à 18 heures mais le dernier point d’appui, «Isabelle», n’est pris que le lendemain.

Les pertes sont lourdes. Au total plus de 15.000 militaires français ont participé à la défense du camp: plus de 3.300 sont morts ou portés disparus, 10.300 soldats sont faits prisonniers -dont 4.400 blessés- et internés dans des camps mais seuls 3.300 reviendront en France. Côté Viêt-minh: 70.000 combattants, environ 8.000 morts et 15.000 blessés.

Des prisonniers français le 8 mai 1954 au lendemain de la chute de Diên Biên Phu. Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier.

Le 21 juillet 1954 les accords de Genève mettent fin à la guerre d’Indochine.

La conférence de Genève.
Partition de l’Indochine française.

https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/il-y-a-65-ans-dien-bien-phu-la-derniere-bataille_133495

https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000067/dien-bien-phu-a-l-heure-de-l-assaut.html

https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2018/11/02/26010-20181102ARTFIG00235-dien-bien-phu-la-chute-du-camp-retranche-francais-le-7-mai-1954.php

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Di%C3%AAn_Bi%C3%AAn_Phu

https://www.cairn.info/dien-bien-phu–9791021000575-page-17.htm

https://vietnamdecouverte.com/dien-bien-phu

https://www.lesechos.fr/amp/637946

http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2009/04/guerre-dindochine-bataille-de-dien-bien.html?m=1

https://prisonniers-de-guerre.fr/dien-bien-phu/?cn-reloaded=1

https://www.canalacademie.com/ida341-Dien-Bien-Phu-avant-Dien-Bien-Phu.html

https://www.dailymotion.com/video/xp2azu

https://www.franceinter.fr/amp/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-04-fevrier-2019

https://youtu.be/FMChnPENSYw

https://youtu.be/WFf870Dgcqg

https://youtu.be/ezCvfGVhjtA

https://youtu.be/-HBABw0jEn4

https://www.dailymotion.com/video/x3xygns

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-la-guerre-froide/episode-42-dien-bien-phu-en-attendant-les-americains

Tombe viking.

Ces deux bracelets de poignet tissés font partie des vestiges trouvés avec le viking de Bjerringhøj © Antiquity Publications Ltd/Rimstad et al/R. Fortuna, National Museum of Denmark.

Perdus depuis un siècle, les vestiges d’une riche tombe viking redécouverts par hasard dans un musée au Danemark.

Découverts en 1868, les restes du « viking de Bjerringhøj » avaient disparu des réserves du musée national du Danemark il y a près d’un siècle. Des chercheuses viennent de les retrouver, dans une boîte qui portait une étiquette erronée.

Cet ensemble d’ossements vikings a été retrouvé dans une boîte mal étiquetée dans les réserves du musée national du Danemark © R. Fortuna/National Museum of Denmark.

Ulla Mannering ne voulait pas y croire. L’archéologue et chercheuse danoise, qui étudie l’habillement à la période viking, a d’abord cru à une erreur. Pourtant, elle est aujourd’hui sûre que les os et les restes de tissu qu’elle a étudié sont bien ceux du viking de Bjerringhøj, égarés depuis un siècle.

Un fragment de tissu brodé retrouvé dans la tombe du viking de Bjerringhøj © R. Fortuna/National Museum of Denmark.

Elle a présenté ses conclusions dans la revue Antiquity, le 4 mai dernier, dans le cadre d’une étude qu’elle a cosignée. Étiquetés « Slotsbjergby », un autre site archéologique danois, ces vestiges vikings étaient sous le nez des chercheurs, qui ont tenté à plusieurs reprises de remettre la main dessus, en 1986 puis en 2009, sans succès. Ils devraient permettre de documenter une des tombes vikings les plus riches et renseigner sur les vêtements d’époque.

Représentation d’artiste de la chambre funéraire du viking de Bjerringhøj. On peut observer deux seaux en bois et une carafe en bronze © U. Seeberg/Antiquity Publications Ltd/Rimstad et al/R. Fortuna, National Museum of Denmark.

https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/archeologie/perdus-depuis-un-siecle-les-vestiges-dune-riche-tombe-viking-redecouverts-par-hasard-dans-un-musee-au-danemark-11156767/

Les deux actes de capitulation de l’Allemagne nazie signés à Reims et à Berlin.

L’acte signé à Reims le 7 mai 1945, un acte purement militaire. L’acte définitif est signé à Berlin dans la nuit du 8 au 9 mai 1945.

Les deux pages de l’acte de capitulation allemand, signé à Reims le 7 mai 1945 par le Generaloberst Jodl et visé par les représentants alliés sur place.

« À côté d’un Français, c’est un comble.»

Le maréchal Wilhelm Keitel, chef d’état-major général de la Wehrmacht le 8 mai 1945 à Karlshorst. 

La signature de la capitulation allemande, le 7 mai 1945 à Reims, constitue une date décisive pour la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, mais reste méconnue dans la mémoire collective, éclipsée par le 8 mai 1945, et pour les Russes par le 9 mai.

Signature de la reddition de l’armée allemande à Reims, 7 mai 1945.

Le premier acte est certes signé le 7 mai à Reims, au QG des forces alliées en Europe commandées par le général Dwight Eisenhower.

Ivan Sousloparov (premier à gauche) avec le général Morgan (Armée britannique), le général Bedell Smith (US Army), le général Eisenhower et le maréchal Tedder (R.A.F.) au SHAEF, à Reims après la signature de la capitulation sans condition de l’Allemagne. Army Signal Corps Collection.

Mais la victoire sur l’Allemagne nazie n’est proclamée officiellement que le 8.

La cérémonie de la signature est en outre répétée le 9 mai, à Berlin, en zone soviétique.

Au QG des forces soviétiques à Karlhorst près de Berlin le 8 mai 1945: Hans Juergen Stumpf, commandant en chef de la Luftwaffe, le maréchal Wilhelm Keitel ( au centre) chef d’état-major général de la Wehrmache et l’ amiral Hans Georg Von Friedebourg commandant en chef de la Kriegsmarine. Rue des Archives/©Rue des Archives/PVDE.

La capitulation des Allemands est précipitée par l’avancée de l’Armée rouge et le suicide d’Adolf Hitler le 30 avril.

Des soldats russes sur ce qu’on dit être la tombe d’Adolf Hitler. On voit des jerricanes d’essence autour. © Getty / Fred Ramage/Keystone.

Dès le 5 mai, l’amiral Karl Dönitz, devenu chancelier du Reich, envoie un émissaire à Reims pour négocier une capitulation sur le seul front occidental. Les Allemands espèrent encore alors pouvoir poursuivre les combats contre les troupes soviétiques.

Hitler serre la main du Grossadmiral Dönitz dans le Führerbunker en 1945 ; par testament, il va remettre à celui-ci les pouvoirs de président du Reich.

Devant l’intransigeance des Alliés, ils sont contraints d’accepter une capitulation totale et sans condition sur les fronts Ouest et Est.

Territoire du IIIème Reich au 1er mai 1945.

L’acte est signé dans la nuit du 6 au 7 mai, à 02h41, par le général Alfred Jodl, chef d’état-major de la Wehrmacht, le général américain Walter Bodell-Smith, chef d’état-major allié, et le général soviétique Ivan Sousloparov. Le général français François Sevez, convoqué au dernier moment, n’a été admis à signer que comme témoin.

Le Generaloberst Alfred Jodl signant les documents de la capitulation à Reims le 7 mai 1945, pour le Haut Commandement de la WehrmachtÀ sa droite, le Major Wilhelm Oxeniusinterprète pour Jodl ; à sa gauche de profil arrière, le Generaladmiral von Friedeburgcommandant en chef de la Kriegsmarine ; derrière lui supervisant les signatures, le Major General Kenneth Strong, du SHAEF ; au fond de face, le colonel Ivan Zenkov, aide de camp, Union soviétique.

Cet acte enjoint aux troupes allemandes de cesser le combat le 8 mai à 23h01, heure d’Europe centrale. C’est aussi le jour que choisissent les Alliés occidentaux pour annoncer officiellement la victoire à la radio, au son des sirènes et des cloches d’église.

La une du Figaro le 8 mai 1945.

Le 8 mai entrera ainsi dans l’histoire.

Les Paris sur les Champs-Elysées le 8 mai 1945 (©DR).

La cérémonie de Berlin, exigée par Joseph Staline, commence le 8 mai vers minuit – soit le 9 mai à Moscou en raison du décalage horaire – et s’achève le 9 mai vers 0h45. L’acte, daté du 8 mai, est signé par le maréchal soviétique Georgii Joukov, le maréchal britannique Arthur William Tedder et par le chef de la 1re armée française, le général Jean de Lattre de Tassigny, consacrant ainsi la place de la France dans le club des vainqueurs.

Joukov et la délégation soviétique (Vychinski à gauche et Sokolovsky à droite ; le colonel-général à la cigarette est Kazakov) « accueillant » les Allemands.
Les chefs militaires alliés célèbrent la capitulation allemande à Francfort. De gauche à droite : le maréchal Bernard Montgomery (GB), le général Dwight D. Eisenhower (US) et le maréchal Gregori Zhukov (URSS).

De Washington à Londres, le 8 mai est ainsi devenu le « Jour de la victoire en Europe ».

Winston Churchill salue la foule à Londres le 8 mai 1945.
Du haut de l’Arc de Triomphe, quelques privilégiés peuvent observer la foule qui s’est rassemblée pour fêter la signature de la capitulation de l’Allemagne.

Moscou a retenu en revanche le 9 mai pour célébrer chaque année la fin de la « grande guerre patriotique ».

http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/enseigner/supports_documentaires/actecapitulation.htm

https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/05/07/26010-20150507ARTFIG00304-rene-bondoux-raconte-la-signature-de-capitulation-allemande-le-8-mai-1945.php

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/pourquoi-lallemagne-a-du-capituler-deux-fois-en-1945

https://youtu.be/1EPcf2OweNs

https://youtu.be/AKK4MZYI4FQ

https://m.ina.fr/video/CAF87002508/reims-l-armistice-video.html

https://m.ina.fr/video/AFE86003086

https://www.canalacademie.com/ida353-La-France-en-Allemagne-en1945-Les-vaincus-seront-les-vainqueurs.html

3 mai 1936, le Front Populaire remporte les élections.

« Il s’agit, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence pendant des mois et des années, d’oser enfin se redresser. Se tenir debout. Prendre la parole à son tour. Se sentir des hommes, pendant quelques jours. Indépendamment des revendications, cette grève est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange. »

Simone Weil « Révolution prolétarienne » 10 juin 1936.

Le rapprochement définitif des gauches est scellé en janvier 1936.  « Contre la misère, la guerre, le fascisme ! Pour le pain, la paix, la liberté ! » 

Contre la misère, la guerre, le fascisme ! Pour le pain, la paix, la liberté !

C’est autour de ce slogan rassembleur que, le 3 mai 1936, le Front Populaire, composé du Parti socialiste-SFIO, du Parti radical-socialiste et du Parti communiste, remporte les élections législatives, avec 376 députés pour le Front populaire, contre 222 pour la droite. 

Journal de la SFIO le 4 mai 1936.

À gauche, le Parti socialiste-SFIO l’emporte et devient le premier parti de France avec 146 élus. Léon Blum revendique en conséquence la direction du gouvernement. Scrupuleux des règles constitutionnelles, c’est à l’issue de plus d’un mois de transition qu’il se rend ensuite à l’Élysée, le 4 juin. Le soir même, il présente son cabinet au président de la République, et devient président du Conseil.

Léon Bum (1872-1950).

Dans la foulée de son élection, les Accords de Matignon, signés dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, prévoient une augmentation des salaires, la fixation d’un salaire minimal, la reconnaissance du droit syndical, l’existence de conventions collectives, l’institution de délégués du personnel… Ces accords sont complétés par d’historiques lois sociales : la réduction du temps de travail à 40 heures et l’instauration des congés payés (quatorze jours).

À gauche les délégués de la CGT : Léon Jouhaux, René Belin, Benoît Frachon, Henri Cordier, Raymond Semat et Pierre Milan. Au centre : Léon Blum et Roger Salengro. À droite, les délégués de la CGPF : Ernest Dalbouze, Pierre Richemond, Alexandre Lambert-Ribot et René-Paul Duchemin. Gravure.

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Front_populaire/120463

https://www.lhistoire.fr/les-espoirs-d%C3%A9%C3%A7us-du-front-populaire

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Front_populaire_(France)

http://www.cndp.fr/crdp-orleans-tours/jean-zay/frise/fiches/013_front_populaire.htm

https://histoire-image.org/fr/albums/front-populaire

http://archives.hauts-de-seine.fr/bibliotheque-souvarine/zoom-sur-les-collections/commemorations/le-front-populaire/

https://www.gouvernement.fr/partage/8727-les-accords-matignon-du-7-juin-1936

https://gallica.bnf.fr/conseils/content/le-front-populaire-1936-1938

https://www.leparisien.fr/societe/dans-le-retro-en-1936-le-front-populaire-ouvre-la-voie-aux-conges-payes-01-06-2016-5848289.php

http://www.museehistoirevivante.fr/collections/histoire-du-mouvement-ouvrier/front-populaire-1936

https://youtu.be/FbYKQUKasY0

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-17-novembre-2020

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-l-histoire/front-populaire

https://m.ina.fr/video/CAB8100563701

https://youtu.be/TZpesemgmUM

https://youtu.be/13w-nnexjHE

https://www.dailymotion.com/video/xw7bdt

https://www.maisonleonblum.fr/leon-blum/

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/L%C3%A9on_Blum/109175

https://www.cairn.info/revue-histoire-politique-2008-2-page-8.htm

https://www.economie.gouv.fr/saef/leon-blum

https://jean-jaures.org/nos-productions/leon-blum-chef-du-gouvernement-du-front-populaire

Espagne, la rébellion du 2 mai 1808 (Dos de Mayo). « un pueblo, una nación » (un peuple, une nation).

À Sainte-Hélène, Napoléon confie à Las Cases : « cette malheureuse guerre d’Espagne a été une véritable plaie, la cause première des malheurs de la France. »

Ce jour-là, la rumeur court dans Madrid que les troupes françaises de Napoléon veulent emmener le jeune prince Ferdinand VII. Elle se répand comme une trainée de poudre. Des altercations éclatent, des coups de feu retentissent. Un cri gronde dans la foule: «Sus au Gabacho»(c’est-à-dire au Français). Ouvriers, artisans se ruent sur les soldats.

Dos de mayo (nom complet : El dos de mayo de 1808 en Madrid, soit en français « Le deux mai 1808 à Madrid ») ou La Charge des mamelouks est un célèbre tableau du peintre espagnol 
Francisco de Goya.
Il forme un diptyque avec le tableau Tres de Mayo qui représente les exécutions des insurgés par les soldats de
l’Empire napoléonien.

Napoléon veut contrôler le Portugal. Ce pays est depuis longtemps lié économiquement au Royaume-Uni (exportation des vins de Porto et importation de produits manufacturés britanniques). Le Portugal refuse d’appliquer le Blocus continental qui le ruinerait. Afin d’éviter la contrebande des produits britanniques, Napoléon ne peut laisser une telle brèche dans les frontières maritimes de l’Europe continentale. Il doit donc occuper le Portugal.

Europe napoléonienne (1805-1815).

L’Espagne depuis 1795 est en paix avec la France; son alliance avec la France (depuis 1796) lui a couté la destruction de sa marine de guerre pendant la bataille de Trafalgar en octobre 1805. Cependant l’Espagne a des problèmes de gouvernement. Le roi Charles IV a laissé le pouvoir à Manuel Godoy amant de la reine Marie-Louise. Godoy intrigue pour se tailler une principauté au Portugal; en octobre 1807 il fait adhérer l’Espagne au blocus continental. Mais Godoy s’oppose durement au prince héritier Ferdinand.

Manuel Godoy y Álvarez de Fariaprince de la Paix et de Bassano, duc d’Alcudia et de Sueca, est un courtisan et homme politique espagnol, né le 12 mai 1767 à Badajoz en Espagne et mort le 4 octobre 1851 à Paris en France.


Fin novembre 1807, Godoy laisse une armée française traverser le nord-ouest de l’Espagne pour envahir le Portugal. Les Français sont à Lisbonne le 30 novembre 1807, mais la famille royale portugaise a pu fuir pour aller s’installer dans la colonie portugaise du Brésil. Le Portugal est partagé entre la France et l’Espagne.

Jean VI de Portugal (en portugais : João de Portugal), roi de Portugal et des Algarves et roi puis empereur titulaire du Brésil, est né à Lisbonne, au Portugal, le 13 mai 1767 et décédé dans cette même ville le 10 mars 1826

Pour soutenir ses troupes au Portugal, Napoléon fait entrer des soldats en Espagne; ils occupent Barcelone (en janvier 1808) et Madrid le 22 mars 1808, Cordoue en juin.

La politique pro-française de Godoy est fortement critiquée par les Espagnols. Le 18 mars 1808, une émeute à Aranjuez (près de Madrid) contraint le roi Charles IV à abdiquer en faveur de son fils Ferdinand VII. Le père et le fils demandent l’arbitrage de Napoléon. Celui-ci les convoque à Bayonne.

Portrait du roi Charles IV.
Charles IV (ou Carlos IV en espagnol),
né le 11 novembre 1748 à Portici (Naples) et mort le 20 janvier 1819 à Rome, est roi d’Espagne du 14 décembre 1788 
au 19 mars 1808.
Ferdinand VII (en espagnol : Fernando), né le 14 octobre 1784 à Madrid et mort le 29 septembre 1833 dans la même ville, fut roi d’Espagne entre mars et mai 1808,
et de 1814 à 1833.
Il était le fils du roi d’Espagne Charles IV et de Marie-Louise de Bourbon-Parme.

Au début de mai 1808, il contraint Ferdinand VII à renoncer au trône et le retient prisonnier au château de Valençay; Charles IV doit abdiquer en faveur de Napoléon et est retenu prisonnier au château de Compiègne. Napoléon donne le trône d’Espagne à son frère Joseph. Murat remplace Joseph comme roi de Naples.

Portrait de Joseph Bonaparte, roi d’Espagne, par François Gérard.

C’était une grave erreur d’appréciation. L’Empire s’engageait dans une guerre contre toute la péninsule, qui allait miner ses forces pendant près de six ans. Le guet-apens de Bayonne déclencha l’embrasement de l’Espagne.

« Le peuple de Madrid abusé s’est laissé entraîner à la révolte et au meurtre » note le 2 mai 1808 Joachim Murat, chef des armées de Napoléon en Espagne. Il poursuit : « Du sang français a coulé. Il demande à être vengé ». Tous les Espagnols en armes faits prisonniers lors de la révolte sont fusillés. Environ 400 personnes sont exécutées.

Tres de mayo (nom complet en espagnol : El tres de mayo de 1808 en Madrid, soit « Le trois mai 1808 à Madrid ») est un tableau renommé du peintre espagnol Francisco de Goya. Peinte en 1814 et conservée au musée du Prado à Madrid, cette toile est également connue sous le nom Les Fusillades du 3 mai ou en espagnol sous le nom de Los fusilamientos de la montaña del Príncipe Pío.

Malgré sa rapide répression, le soulèvement de Madrid inspira d’autres villes du pays : CarthagèneLeónSantiagoSévilleLérida et Saragosse. L’armée française était partout attaquée. 

Campagnes de l’armée française en Espagne (1808-1811). En bleu foncé, les opérations de l’année 1808 avec la campagne de Napoléon depuis Bayonne jusqu’à Astorga, puis la poursuite de l’armée anglaise par Soult (en bleu clair, en haut à gauche de la carte).

L’armée française se heurta à une guérilla puis à l’armée britannique venue aider le Portugal, également occupé par les troupes de Napoléon. En 1813, les soldats de l’empereur durent refluer en deçà des Pyrénées ; l’invasion de la France par les Espagnols, Britanniques et Portugais commandés par Wellington, devenait imminente.

Escena de guerra (Scène de guerre), par Francisco de Goya entre 1808 et 1812.

https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/la-guerre-despagne-de-bayonne-a-baylen/

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_dind%C3%A9pendance_d_Espagne/118440

https://books.openedition.org/pur/16126?lang=fr

https://www.revueconflits.com/espagne-guerre-d-independance-napoleon-ier-nicolas-klein/

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guerre_d’ind%C3%A9pendance_espagnole

Q.https://www.courrierinternational.com/article/2008/04/30/dans-les-pas-des-insurges

https://youtu.be/i9FxH69DGbo

https://youtu.be/MYNcFbW9HaI

Union de l’Angleterre et de l’Écosse le 1er mai 1707.

Première page de l’acte parlementaire anglais de 1707.

Les actes d’Union (en anglais : Acts of Union) de 1707 sont deux lois du Parlement, l’une anglaise, l’autre écossaise, ratifiant le traité d’Union des deux royaumes signé en 1706, entraînant la naissance du royaume de Grande-Bretagne (kingdom of Great Britain).

Devise :

Dieu et mon droit (« In My Denfens God Me Defend » utilisé en Écosse)

Hymne :

God Save the King/Queen (1780 – 1801, habituellement)

Royaume de Grande-Bretagne du 
1er mai 1707 au 1er janvier 1801.
Le royaume est fondé par l’union en un seul État du royaume d’Écosse et du royaume d’Angleterre (qui comprenait le pays de Galles), par le traité d’Union de 1706 suivi par les actes d’Union.
Les deux royaumes étaient déjà gouvernés par le même roi depuis l’Union des Couronnes en 1603.
Le royaume englobe la Grande-Bretagne et ses îles périphériques, mais pas l’Irlande qui est restée un domaine séparé relevant de la Couronne britannique nouvellement créée.
Le 1er janvier 1801, les royaumes de Grande-Bretagne et d’Irlande sont unis pour former le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Ces deux actes parlementaires prennent effet le 1er mai 1707. Les Parlements respectifs des deux royaumes (Parlement d’Angleterre et Parlement d’Écosse) sont dissous au profit d’un parlement commun, le Parlement de Grande-Bretagne.

Le drapeau de l’Union
(en usage de 1707 à 1800).

La reine Anne (1665-1714), reine d’Angleterre, reine d’Écosse, reine d’Irlande (1702-07), reine de Grande-Bretagne (1707-14) devient formellement la première occupante du trône britannique.

La reine Anne (17021714), portrait dans un atlas commandé par Auguste de Saxe (entre 1706 et 1710).

La solidarité protestante entre l’Écosse et l’Angleterre, la crainte d’une restauration jacobite dans un royaume du Nord où les Highlands constituent longtemps un sanctuaire du catholicisme et du sentiment légitimiste, l’intérêt économique des Écossais à voir supprimer toutes les entraves au libre commerce avec le Sud et surtout dans les possessions coloniales anglaises, la pression vigoureuse du gouvernement de la reine Anne qui use aussi bien de la corruption que de la menace armée pour convaincre le Parlement d’Édimbourg, les promesses judicieuses faites à l’Église, aux nobles et aux grands intérêts : voilà qui explique, du côté écossais, l’acceptation du traité d’Union de 1707.

Il constitue le royaume de Grande-Bretagne, supprime le Parlement d’Édimbourg, crée une représentation écossaise à celui de Westminster et met fin à des siècles de vie indépendante.

Parliament House à Édimbourg, ancien siège du Parlement d’Écosse.

Le particularisme local ne disparaît pas d’un coup et alimente le camp de révoltés jacobites en 1715 et, surtout, en 1745 lorsque Charles-Édouard, « Bonnie Prince Charlie », s’empare en fait de l’Écosse et porte la guerre au sud jusqu’à Derby.

La vidéo de Pages d’Histoire sur la dernière révolte jacobite de 1745-1746 : https://youtu.be/ChR5t1pvicA

Représentation de Charles Édouard Louis John Casimir Sylvester Severino Maria Stuart (17201788), surnommé de son temps « the Young Pretender » (« le Jeune Prétendant ») ou « the Young Chevalier » (« le Jeune Chevalier »), est resté dans la mémoire populaire sous le nom de Bonnie Prince Charlie (« bonnie » signifiant « beau » ou « béni » en scots). Il était le fils aîné du prince Jacques François Stuart et le prétendant des Stuart aux couronnes anglaise et écossaise. La mère de Charles, Marie-Clémentine Sobieska, était la petite-fille du roi polonais Jean III Sobieski. Le prince Charles Édouard est ainsi un cousin du roi de France Louis XV, soutien de la cause jacobite.

La « boucherie de Culloden » perpétrée par les troupes du duc de Cumberland, la défaite du Prétendant sont suivies de mesures de répression, de la destruction du système clanique dans les Highlands, de la création d’un réseau routier sud-nord qui désenclave l’Écosse en même temps qu’il favorise d’éventuelles répressions.

La bataille de Culloden le 16 avril 1746.

Un siècle plus tard, en 1801, le processus d’unification de l’archipel britannique s’achève avec la création du Royaume-Uni de Grande-Bretagne (Angleterre et Écosse) et d’Irlande. 

Le drapeau du Royaume-Uni, connu sous le nom d’Union Flag ou Union Jack, et au Canada, Drapeau royal de l’Union,
a été créé en 1606, après l’Union des Couronnes d’Angleterre et d’Écosse sous leur monarque commun Jacques Stuart (Jacques Ier en Angleterre et Jacques VI en Écosse), laquelle survint une centaine d’années avant la création effective de la Grande-Bretagne par l’Acte d’Union de 1707.
Il combine la croix de saint Georges du drapeau anglais et la croix de saint André du drapeau écossais. Après l’Union de 1801, ce drapeau fut augmenté de la croix de saint Patrick pour représenter l’Irlande.

Après bien des soubresauts, l’union rentre dans les moeurs et les Écossais, enfin, prennent leur part à l’essor inouï de la Grande-Bretagne.

Carte du monde montrant l’empire britannique, 1902 (possessions britanniques en rouge). Tiré du The Century Atlas of the World. [John Walker & Co, Ltd., London, 1902]. Artiste inconnu.• Crédits : The Print Collector – Getty.

Mais cette unité ne résiste pas aux secousses du XXe siècle : une partie de l’Irlande arrache son indépendance après la Grande Guerre et à la fin du XXe siècle, le gouvernement de Tony Blair assouplit l’union tricentenaire en restituant aux Écossais un début d’autonomie et un Parlement à Édimbourg, en attendant une possible indépendance.

Entrée du Parlement écossais.

https://www.larousse.fr/encyclopedie/groupe-homonymes/Actes_d_union/147890

https://mjp.univ-perp.fr/constit/uk1707.htm

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Actes_d’Union_(1707)

https://boowiki.info/art/histoire-du-royaume-uni/acte-d-union-1707.html

https://www.cairn.info/revue-dix-huitieme-siecle-2012-1-page-601.htm

http://juspoliticum.com/article/Chronologie-raisonnee-de-l-histoire-constitutionnelle-de-l-Angleterre-de-la-Grande-Bretagne-puis-du-Royaume-Uni-1002.html

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Parlement_%C3%A9cossais

Napoléon, la légende.

Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard, par Jacques-Louis David (1802), Musée du Château de Versailles, Versailles.

Quel roman que ma vie !

https://youtu.be/sPPFItjHcCc

https://youtu.be/sn3YTqvj3Dg


Le Rêve, par Édouard Detaille (1888), Musée d’Orsay, Paris.

Peu d’hommes dans l’Histoire de l’Humanité ont suscité autant de haine et d’admiration, d’autant plus que ces deux réactions sont mêlées et déchirent l’opinion dans le cas de Napoléon.

Dès les origines de sa carrière militaire ou les débuts de sa carrière politique en prenant le pouvoir par le coup d’État du 18 Brumaire, Napoléon s’est inscrit dans l’Histoire et la mémoire des hommes à travers un destin mouvementé et exceptionnel.

Son ascension fulgurante, obtenue par des conquêtes militaires victorieuses, l’ampleur inédite des dernières déroutes ainsi que ses deux exils ont fait de ce personnage majeur de l’Histoire de France et de l’Europe une figure légendaire, tout au long des siècles qui ont suivi son parcours.

Napoléon Bonaparte est le principal édificateur de sa légende. 

Dès la première campagne d’Italie, en 1797, il met en place une propagande en sa faveur, en faisant publier en Italie des bulletins destinés à glorifier ses actions militaires et à marquer les opinions…

https://francearchives.fr/commemo/recueil-2004/40034

https://journals.openedition.org/ahrf/1068

https://www.revueconflits.com/napoleon-de-la-realite-au-mythe-entretien-avec-thierry-lentz/

https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/le-mythe-napoleon-tient-a-ses-gloires-autant-qu-a-ses-echecs-20190816

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gende_napol%C3%A9onienne

https://www.lhistoire.fr/arrivisme-et-propagande-comment-devient-bonaparte-0

https://www.corsematin.com/articles/napoleon-entre-realite-et-legende-30389

https://youtu.be/KrAa_YXDDdA

https://youtu.be/GsCnX7jq7u8

https://youtu.be/BPcoUUTxTgo

https://www.franceinter.fr/oeuvres/mythes-et-legendes-de-napoleon-un-destin-d-exception-entre-reve-et-realite

Le 30 avril 1598 est publié l’Édit de Nantes.

Édit d’Henri IV pour la pacification des troubles religieux, Nantes, avril 1598
Cahier de parchemin – Grand sceau de cire jaune sur lacs de soie rouge et verte
Archives nationales, musée de l’Histoire de France, AEII 763, supplément du Trésor des Chartes
Copyright Archives nationales.

« Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présens et advenir salut. Entre les grâces infinies qu’il a pleu à Dieu nous départir, celle est bien des plus insignes et remarquables de nous avoir donné la vertu et la force de ne cédder aux effroyables troubles, confusions et désordres, qui se trouvèrent à nostre avènement à ce royaume qui estoit divisé en tant de partz et de factions, que la plus légitime en estoit quasy la moindre, et de nous estre néanmoings tellement roydiz contre cette tourmente que nous l’ayons enfin surmontée, et touchions maintenant le port de salut et repos de cet estat, de quoi à Luy seul en soit la gloire toute entière, et à nous la grâce et obligation qu’il se soit voullu servir de notre labeur pour parfaire ce bon œuvre […] »

Gravure figurant la signature de l’Édit de Nantes par le roi de France Henri IV, le 13 avril 1598 qui met un terme aux guerres de religion entre catholiques et protestants. Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier.

L’édit de Nantes met un terme définitif aux guerres de Religion. Pour autant, le royaume n’entre pas du jour au lendemain dans une époque de tolérance, dont l’idée même est « bien éloignée de l’esprit du texte. Aboutissement de plus de trente ans d’efforts de pacification, mélange d’archaïsme, de modernité et d’habileté politique, ce traité fonde cependant la coexistence durable (jusqu’à sa révocation en 1685 par Louis VIV) des catholiques et des protestants en France.

La main droite levée, le roi de France prête serment devant des dignitaires le 25 février 1599, date de l’enregistrement de l’édit de Nantes par le parlement de Paris. En réalité absent ce jour-là, Henri IV est de surcroît représenté incorrectement en souverain constitutionnel jurant sur la couronne plutôt qu’en monarque absolu imposant autoritairement l’édit aux magistrats parisiens.
Eau-forte hollandaise tardive et fantaisiste, gravée par Jan Luyken pour l’ouvrage d’Élie BenoistHistoire de l’Édit de Nantes, … jusques à l’Édit de Révocation (1693).

C’est un acte de souveraineté voulu et imposé par le roi Henri IV, en dépit de nombreuses difficultés.

Le roi de France Henri IV par Frans Pourbus le Jeune (1569-1622) – © Wikimedia Commons.

En cela il se distingue des édits antérieurs dont il s’inspire mais qui ont été aussitôt remis en cause.
Son but immédiat est la paix civile, mais son objectif avoué reste l’unité religieuse du royaume.
Dans le préambule, le roi souhaite que « l’établissement d’une bonne paix » permette à ses « sujets de la religion prétendue réformée » de revenir à la « vraie religion », la sienne, « la religion catholique, apostolique et romaine ».
L’élaboration de l’édit a été une affaire très délicate.
Elle a nécessité de longues négociations.
Il s’agissait de rassurer tant les catholiques que les protestants et de redonner confiance à tous.
Il en résulte un compromis. L’édit institue l’égalité civile entre catholiques et protestants, il fixe les conditions de coexistence entre catholiques et protestants, mais la pratique du culte protestant est limitée.

Le protestantisme en France, de 1598 à 1685.

https://museeprotestant.org/notice/le…

https://www.lhistoire.fr/l%C3%A9dit-de-nantes-est-il-vraiment-un-%C3%A9dit-de-tol%C3%A9rance

https://books.openedition.org/apu/1342?lang=fr

https://www.musee-reforme.ch/fr/henri-iv-et-ledit-de-nantes-les-cles-dune-negociation/

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_Nantes

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/%C3%A9dit_de_Nantes/134720

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/l-edit-de-nantes-un-heritage-pour-notre-temps

https://rcf.fr/culture/histoire/l-edit-de-nantes

Les Chroniques d’Aliénor.

Les Mystères de Paris. 1er La cité des Parisii.

https://youtu.be/UgFfLi7VMTI

Paris ne s’est pas faite en un jour.

Les premières traces d’installation humaine dans la région, forestière et marécageuse, date d’au moins 45000 ans.
Un site typique de Néanderthal a été mis à jour en 2020, près des berges de la Seine, à Clichy-la-Garenne.
Entre 9000 et 5000 ans avant notre ère, à l’époque du Mésolithique, un gisement de chasseurs-cueilleurs sur les bords de la Seine à Paris a été decouvert en 2008.
Le site aurait également été réoccupé plus tard, au néolithique et au premier âge du fer. Les traces d’un habitat permanent date de 4250 ans avant notre ère environ.
On a retrouvé de cette periode en 1990 sur le site de Bercy, un mobilier archéologique exceptionnel dont trois grandes pirogues en chêne qui constituent les plus anciennes embarcations découvertes en Europe.

La première mention de l’existence de Lutèce date de l’époque du siège de cette ville, en 53 av. J.-C., par Labiénus, un des principaux lieutenants de César durant la guerre des Gaules.
Les habitants des lieux sont les parisii, présents depuis 259 avant JC sur la rive droite de la Seine.
C’est un peuple gaulois client des Sénons, dont Sens était la capitale sous le nom d’Agendicum.
Cette urbs servait de place forte aux Parisiis sous le nom de Oppidum Parisiorum et n’était alors qu’un habitat dispersé de maisons, construites en bois ou en torchis, couvertes de chaumes ou de roseaux.
Cette Lutèce gauloise, qui contrôlait le trafic fluvial sur la Seine, dont on ne connaît pas l ’emplacement exact, pourrait se situer à Nanterre, à dix kilomètres à l’ouest du centre de Paris.
Les parisii incendièrent la cité en – 52, quand Labienus s’en approcha.
La coalition alliée de Vercingétorix, menée par Camulogène et comprenant des sénons, des aulerques et des parisii, qui auraient fourni 8000 hommes, fut exterminée dans la plaine, peut-être celle de Grenelle, à la bataille de Lutèce.

Le territoire est alors rattaché à la Gaule lyonnaise. Il faudra beaucoup de temps à Lutèce, dont le nom est sujet à plusieurs hypothèses, pour s’en remettre.

La Lutèce romaine, dénommée Civitas Parisiorum, ville des Parisii, fût construite au 1er siècle sur la rive gauche, les parisii vivaient sur l’île de la Cité. 
Si des échanges existaient, les deux peuples ne cohabitaient pas réellement.
On y trouvait un autel à Jupiter, des thermes alimentés par un Aqueduc, un théâtre, des arènes, une nécropole. ..
La ville comptait 8000 personnes, Lugdunum (Lyon), capitale des 3 gaules imériales (lyonnaise, aquitaine et belgique), dix fois plus.

Au milieu 3e siècle, après l’apogée de la ville gallo-romaine, les migrations de peuples barbares poussent les romains à rejoindre l’Île de la Cité, qui offre grâce à la Seine une protection naturelle face aux envahisseurs, et deviendra une importante place militaire. Vers 250, Saint-Denis introduit le christianisme, mais lui et ses compagnons furent martyrisés à Montmartre vers 273. L’empereur Julien passera plusieurs hivers à Lutèce, après ses campagnes en Germanie. 
C’est à Lutèce que Julien est proclamé Auguste par ses légions gauloises en 360.
En 361, Saint-Hilaire est présent au premier concile de Paris.
L’empereur Valentinien y séjourne en 365-366.

Au début du Ve siècle, une borne militaire mentionne urbs Parisiorum « la ville des Parisii » : Lutèce devient alors Paris.

A suivre…

Mort de Napoléon : de rumeurs en rumeurs…

« Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-Hélène » (1866), de Vincenzo Vela (1820-1891).                                                    Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois Préau.

https://youtu.be/bRJyLZxQQAM

Le 5 mai 1821, après sept ans d’exil sur l’île britannique de Sainte-Hélène, l’empereur déchu Napoléon rend son dernier soupir. Les circonstances de sa mort continuent de faire débat.

« Mort de Napoléon » (1829), par le baron Charles Steuben (1788-1856).           Arenenberg, Napoleonmuseum.

Il faudra attendre deux mois pour que l’Europe soit informée de la mort de Napoléon.

La mention de la mort de Napoléon Bonaparte figure sur le registre des décès de Sainte-Hélène © GIANLUIGI GUERCIA / AFP.

Dès lors, des rumeurs circulent sur les causes du décès. Thierry Lentz, historien spécialiste du Premier Empire, directeur de la Fondation Napoléon qui co-organise l’exposition et co-auteur de La mort de Napoléon : mythes, légendes et mystères (éd. Perrin) revient sur ces théories souvent farfelues et rétablit la vérité.

« Napoléon sur son lit de mort » (1825), d’Horace Vernet (1789-1863).                                       Musée de la Légion d’honneur, Paris.

Ce que dit l’autopsie de Napoléon.

« Napoléon est mort dans d’atroces souffrances », résume l’historien. Dix jours avant sa mort, il termine de dicter son testament et déclare : « ne serait-ce pas dommage de ne pas mourir après avoir si bien mis ordre à ses affaires ? ». ll souffre alors de douleurs abdominales de plus en plus violentes. « Napoléon était très affaibli et anémié, décrit Thierry Lentz. Son père est mort dans des circonstances similaires, probablement d’une tumeur dans la région de l’estomac. Persuadé qu’il allait mourir de la même chose, l’empereur a demandé que son corps soit autopsié afin que son fils, L’Aiglon, puisse être mis au courant », en Europe.

« Napoléon sur son lit de mort, une heure avant son ensevelissement » (1843), de Jean-Baptiste Mauzaisse (1784-1844). Rueil-Malmaison, Musée du Château.

L’autopsie, réalisée par le médecin français Dr. Antommarchi, est « parfaitement lisible par les médecins d’aujourd’hui », précise Thierry Lentz. Elle atteste que l’empereur était atteint d’un ulcère perforé à l’estomac. « Normalement, on en meurt tout de suite mais Napoléon a eu de la chance : son foie est venu boucher le trou », poursuit Thierry Lentz.

Esquisse ou copie partielle du tableau de Jean-Baptiste Mauzaisse Napoléon sur son lit de mort, une heure avant son ensevelissement exposé au Salon de 1843.
Photo (C) RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau).

L’autopsie révèle par ailleurs des lésions de l’estomac, sûrement cancéreuses, ainsi que des lésions sanguinolentes. Comble de l’infortune, le remède dont bénéficie alors l’empereur aggrave les saignements. « Deux ou trois jours avant sa mort, un médicament à base de mercure lui est administré, raconte Thierry Lentz. On ne savait pas, à l’époque, que c’était néfaste pour la santé. Cette surdose a certainement provoqué une hémorragie massive. »

« La Tombe de Napoléon » (1821), d’Horace Vernet. Wallace Collection.
 

La thèse de l’intoxication chronique

Malgré ces nombreux diagnostics, une théorie continue d’agiter les conspirationnistes : celle de l’empoisonnement à l’arsenic. « Elle est apparue dans les années 1960 suite à une lecture abusive des Mémoires du valet de chambre de Napoléon », explique Thierry Lentz. Un stomatologiste suédois, persuadé de reconnaître la description des symptômes d’un empoisonnement, fait procéder à des analyses de cheveux de l’empereur, qui révèlent des traces d’arsenic.

« Au XIXe siècle, il était d’usage de s’offrir des boucles de cheveux, rappelle Thierry Lentz. Des analyses ont donc pu être effectuées sur des mèches de cheveux de Napoléon à plusieurs âges de sa vie, ainsi que des cheveux de sa mère, ses sœurs, son fils. Toutes révèlent des doses d’arsenic semblables ». La théorie s’appuie par ailleurs sur une histoire d’adultère : Napoléon aurait batifolé avec Albine, l’épouse du comte de Montholon, son plus proche conseiller. « En réalité, sa femme Albine était partie depuis longtemps, rapporte en riant Thierrry Lentz. Le médecin légiste réputé Philippe Charlier a repris toutes les études à zéro. La relecture des documents fracasse la thèse de l’intoxication ».

Masque mortuaire en plâtre de Napoléon par Antommarchi, exemplaire original exposé au musée de l’Armée.

« Il y a une autre théorie qui confine au ridicule, ajoute Thierry Lentz. C’est celle de la substitution des cadavres. » Les rumeurs affirment que la dépouille de Napoléon aurait été récupérée par les Anglais. C’est le corps d’un des valets de chambre qui aurait été inhumé aux Invalides, vêtu en Napoléon. « C’est du grand guignol, il n’y a aucune documentation mais le complot traverse les âges », se désole l’historien. Assurément, ces mystères entretenus depuis deux siècles ont alimenté la légende napoléonienne.

La vallée du Tombeau, anciennement « vallée du Géranium », est un terrain situé dans le district de Longwood sur l’île de Sainte-Hélène, mais appartenant aux Domaines français de Sainte-Hélène, sur lequel fut érigée la première tombe de l’Empereur Napoléon Ier.
Le tombeau de Napoléon aux Invalides. 

https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/dossiers-thematiques/la-mort-de-napoleon/

https://www.herodote.net/5_mai_1821-evenement-18210505.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_de_Napol%C3%A9on_Ier

https://www.geo.fr/histoire/mort-de-napoleon-de-rumeurs-en-rumeurs-203947

https://youtu.be/bRJyLZxQQAM

https://youtu.be/6XpthDkU0RY

https://youtu.be/R4e520u-3IQ

https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/le-tour-du-monde-des-idees-du-mardi-02-mars-2021

https://fondationnapoleon.org/activites-et-services/histoire/2021-annee-napoleon/

Détail : les symboles napoléoniens dans « Napoléon couronné par le temps écrit le Code civil » par Jean-Baptiste Mauzaisse (1833)
© RMN – musée du château de Malmaison / D. Arnaudet.

La Bête du Gévaudan.

Du 30 juin 1764 au 19 juin 1767,
entre 82 et 124 personnes furent victimes de la Bête du Gévaudan !

La Bête du Gévaudan qui sévit en Lozère au cours du XVIIIème, n’a toujours pas révélé son mystère. Aujourd’hui encore, à travers les nombreuses archives relatant cette période trouble, elle fascine autant qu’elle intrigue, marquant à jamais l’Histoire du Gévaudan.

Le Gévaudan.

Les attaques eurent lieu dans un vaste territoire qui recouvre aujourd’hui les départements de la Lozère, du Cantal et de la Haute-Loire.
Dès l’origine, ces évènements vont prendre une ampleur considérable du fait d’une médiatisation internationale sans équivalent !
Des gravures de la Bête sont publiées partout, de Paris à San Francisco !

Ce n’est pas dû au rôle majeur du territoire dans la vie du Royaume de France.
Le Gévaudan est une terre d’élevage assez pauvre.
Le nord où sévit la Bête se sépare entre le plateau de l’Aubrac et les monts de la Margeride.
Loin d’être aussi boisé qu’aujourd’hui, ce vaste territoire se compose de landes et de prairies que ponctuent des bosquets et quelques maigres forêts (Mercoire, de La Tenazeyre, bois de Pommier…).

Les bergers n’avaient pas peur des loups.                                                      Tous ont lancé leurs chiens aux trousses de ces voleurs de moutons.                                           Quant aux petits gardiens de troupeaux qui ne possédaient pas de chiens, ils couraient eux-mêmes sus aux loups avec leur bâton en criant, ou bien ils leur jetaient des pierres.     Et les loups animaux timides, beaucoup plus timides qu’on ne le croit, s’enfuyaient, tenaillés par la faim, mais avec, peut-être, l’espoir de trouver ailleurs une proie moins gardée.

Mais le 30 juin 1764, tout changea ! 

Une adolescente de 14 ans, Jeanne Boulet, de la paroisse de Saint-Etienne de Lugdarès en Vivarais, non loin de Langogne, fut tuée par une « Bête féroce» au hameau des Hubacs, alors qu’elle gardait des vaches.            
Considérée comme la première victime de la Bête du Gévaudan, la petite victime devait être ensevelie le 1er Juillet 1764. 

                               

Acte de sépulture de Jeanne Boulet à St Étienne-de-Lugdarès (Ardèche).
« L’an 1764 et le 1er juillet a été anterrée Jeane Boulet sans sacremens, ayant été tuée par la bette féroce présans Joseph Vigi(er) et Jean Rebour ».

On parla beaucoup de ce meurtre, mais les nouvelles n’allaient pas vite il y a deux siècles et plus, et l’on ne fit pas tout de suite le rapprochement avec un second meurtre : une fille de 15 ans tuée le 8 août au Mas Méjean, paroisse de Puylaurent.                         
A la fin de ce mois c’est un garçon de 15 ans de Cheylard l’Evêque qui est tué ; le 1er septembre, un autre garçon de 15 ans est trouvé mort ; il était de Chaudeyrac.                         
Cinq jours plus tard, c’était une femme âgée de 36 ans, égorgée dans son jardin des Estrets, paroisse d’Arzenc de Randon….                   
C’était le début d’une longue série de meurtres.
Dans les premiers mois, on recense plus de 20 attaques attribuées à la Bête, dont 17 mortelles.

Pendant trois années, jusqu’au 19 juin 1767, la Bête du Gévaudan tua une centaine de personnes, et probablement davantage.                     Sa dernière victime, un enfant fut tué la veille de cette date.

La presse explique l’ampleur de cette affaire.

La fin de la guerre de Sept Ans laisse un vide béant dans les éditoriaux des gazettes, jusqu’à ce que la Gazette d’Avignon s’empare de l’affaire.
Son rédacteur sut habilement broder autour des nouvelles assez lacunaires qui provenaient du terrain.       Mélange de peur, de sensationnel, de fantasme et de surnaturel, il s’agit du premier fait divers du royaume.      Cet événement fait, à l’époque, l’objet de nombreux articles dans les gazettes.                                                    Sa renommée dépasse les frontières du Royaume de France pour atteindre l’Angleterre et les états allemands, l’Amérique la Russie…

Cette pression médiatique poussa le roi, Louis XV, à l’action.            Discrédité par la perte du conflit, il doit affirmer sa capacité à protéger le Royaume.

Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupréévêque de Mende et comte de Gévaudan.
Portrait conservé dans l’abbaye de Saint-Papoul.

Par ailleurs, l’influence de la famille Choiseul ne doit pas être sous-estimée dans cette affaire.
En effet, si le duc Etienne-François de Choiseul est le plus proche ministre du Roi, son cousin n’est autre que le comte-évêque de Gévaudan : Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré.

Dans un texte resté célèbre sous le nom du « Mandement de l’évêque de Mende« , ce dernier qualifie cette bête de fléau divin et donne donc une dimension mystique à cette affaire.
Cet écrit, qui doit être lu par les prêtres à la messe, clame que la Bête est un fléau de Dieu qui l’a envoyée pour punir les parents de leurs péchés en dévorant leurs enfants. Il les incite à prier et faire acte de repentance. Des processions religieuses seront d’ailleurs organisées.
En tant que représentant du pouvoir temporel, l’évêque assure, par le biais de ses services, un suivi dans la traque, et l’envoi du porte-arquebusier du roi n’est sans doute pas étrangère à ses relations avec son cousin.

Les États du Languedoc promettent une prime de 2 000 livres de récompense, le roi en promet 10 000 (soit mille fois plus que la prime dévolue au chasseur d’un loup ordinaire) à celui qui trucidera la Bête. 

On va recourir aussi à des armes et munitions modernes, à des pièges (un ministre fait distribuer un mémoire sur la destruction des loups) ainsi qu’à l’empoisonnement, en dispersant des cadavres d’animaux bourrés de noix vomique, riche en strychnine.

Mais ces chasses sont inefficaces, alors on fait venir des spécialistes.

De nombreuses battues sont organisées et un grand nombre de loups éliminés, mais pas la bête…

Le 3 Novembre 1764, ce furent 56 dragons qui, sous la conduite de Duhamel arrivaient à Mende.        Deux jours plus tard ils s’installaient à Saint-Chély d’Apcher, pour être plus proches des lieux où la bête du Gévaudan exerçait ses ravages. Duhamel organisa de grandes chasses, des battues auxquelles participaient des centaines, voires des milliers de paysans.                                                  Ces battues se déroulaient, essentiellement dans la forêt de Mercoire, et semblait repousser la Bête en Margeride, mais ne décourageaient pas la Bête et l’on s’étonnait, à bon droit d’ailleurs, du fait que lorsqu’une chasse se déroulait dans un secteur, la Bête commettait un nouveau crime à plusieurs lieux de là, comme si elle avait été prévenue.

En attendant, les attaques continuent, certaines mortelles, d’autres, comme celui d’un vacher, sont un échec pour la Bête qui est repoussée par ses vaches.

L’année 1765 sera particulièrement meurtrière puisqu’on compte 84 attaques dont 38 mortelles.

Certaines attaques paraissent étranges, comme des décapitation ou des victimes dénudés avec les
vêtements pliés à côté des corps.

Un jour notre bête du Gévaudan eut à faire à forte partie, ceci grâce au courage d’un jeune garçon nommé Jacques Portefaix avec la participation de six autres jeunes enfants.                           Ces enfants étaient tous armés d’un bâton au bout duquel ils avaient attaché une lame de couteau.               Ils réussirent à faire fuire la Bête qui les avaient attaquée.  

 

Illustration du combat de Jacques Portefaix et ses compagnons contre la Bête. L’un des enfants tient sa joue, en partie arrachée par l’animal. Paris, BnF, 1764.

Plusieurs lettres font état de la désinvolture des dragons.

Les gens se plaignaient que les dragons étaient sans ordre et sans discipline, partout où ils passaient, ils foulaient sans ménagement les récoltes, se faisant fournir à discrétion, et par la force, les vivres et les fourrages dont ils avaient besoin.
De plus, ils devaient participer aux battues par n’importe quel temps, sans armes et chaussés de sabots.

Comme Duhamel, qui se dépensait cependant beaucoup, ne parvenait pas à débarrasser le pays de cette bête, la mauvaise humeur des paysans se retourna contre lui et il dut quitter le Gévaudan.

Représentation de la Bête furieuse que l’on suppose être une hyène…. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765.

En février 1765, un Louvetier remarquable, M. Denneval d’Alençon, lui succéda, il était le plus remarquable chasseur de loups de France.                                                        Il en avait tué disait-on, 1200.                Il arriva donc pleinement décontracté, certain qu’en quelques jours il abattrait son 1201ème loup et que, du même coup il débarrasserait le Gévaudan de cette terrible Bête.
Les choses n’allèrent pourtant pas aussi vite que tout le monde le souhaitait et les Denneval ne s’étaient pas mis seulement les paysans à dos, qu’ils indisposaient parce qu’ils les réquisitionnaient trop souvent, mais encore les autorités civiles et les notabilités locales.

En mars 1765, Jeanne Marlet, femme de Pierre Jouve, domiciliée au mas de la Vessière, sur la paroisse de Saint-Alban, se tient devant sa maison avec trois de ses enfants. Alertée par un bruit, elle s’aperçoit que sa fille de 9 ans vient d’être saisie par la Bête, surgie par-dessus la muraille. La fille Jouve tenait le plus jeune des garçons, âgé de 14 mois environ. Jeanne Jouve se jette sur la Bête et parvient à lui faire lâcher prise. La Bête revient à la charge sur le plus jeune des enfants. Elle ne peut l’atteindre car sa mère le protège. La Bête se jette alors sur l’autre garçon, Jean-Pierre, âgé de 6 ans. Elle le saisit par le bras et l’emporte. Jeanne Jouve se jette à nouveau sur la Bête. S’ensuit un long combat où Jeanne est jetée au sol, griffée et mordue à plusieurs reprises. La Bête, qui tient toujours Jean-Pierre, parvient à s’échapper. Elle se trouve face aux deux aînés Jouve, qui partaient mener paître le troupeau. Ils parviennent à libérer leur frère cadet et mettent la Bête en fuite. Hélas, Jean-Pierre succombera à ses blessures cinq jours plus tard. En récompense de son acte héroïque, Jeanne Jouve recevra du roi une gratification de 300 livres.

Le 14 mars 1765, Jeanne Jouve tente d’arracher son enfant des crocs de la Bête.
Gravure de François Grenier de Saint-Martin, Journal des chasseurs, octobre 1839 – septembre 1840.

Au courant de ce qui se tramait contre eux, les Denneval réagirent en multipliant les battues, qu’ils organisaient alors le dimanche et les jours de fête, ils y participèrent avec plus d’entrain.                                 Malgré ce, ils ne parvinrent pas à mettre un terme aux massacres occasionnés par la bête du Gévaudan. Des plaintes parvinrent au roi Louis XV, qui prenait un tel intérêt au sort des malheureuses populations du Gévaudan qu’il n’hésita pas à se séparer d’Antoine de Beauterne, son porte arquebuse et lieutenant des chasses, pour l’envoyer courir sus à la dévorante.

Dessin de 1765 envoyé à la Cour représentant l’animal féroce qui ravage le Gévaudan depuis 1764. Archives départementales de l’Hérault C 44-2.

Le 8 Juin 1765, Antoine et sa troupe parmi laquelle figurait son fils cadet, quittaient Versailles, ils arrivèrent le 22 juin au Malzieu.

Antoine n’était pas partisan des battues ; il préférait poster ses hommes dans les affûts, deux par deux, pendant la nuit.                 L’entente ne pouvait se réaliser entre Antoine et les Denneval et ces derniers furent rappelés.                      Ils devaient quitter le Malzieu le 18 Juillet après avoir complètement échoué dans leur mission.          Antoine avait la réputation d’un homme extrêmement bon et il sut s’attirer la sympathie des paysans. Mais Antoine était déconcerté par le nombre de meurtres que la Bête du Gévaudan pouvait commettre et il était pressé d’en finir, d’autant que son service le rappelait auprès du Roi, et qu’il n’avait encore rien fait de positif.

Le dimanche 11 août, il organise une grande battue. Pourtant, cette date est marquée par l’exploit de « la Pucelle du Gévaudan ».
Marie-Jeanne Vallet, âgée d’environ 20 ans,  était la servante du curé de Paulhac.
Alors qu’elle emprunte, en compagnie d’autres paysannes, une passerelle pour franchir un petit cours d’eau, elles sont attaquées par la Bête.
Les filles font quelques pas de recul, mais la Bête se jette sur Marie-Jeanne.
Cette dernière arrive alors à lui planter sa lance dans le poitrail.
La Bête se laisse alors tomber dans la rivière et disparaît dans le bois.
L’histoire parvient rapidement à Antoine, qui se rend alors sur les lieux pour constater que la lance est effectivement couverte de sang, et que les traces retrouvées sont similaires à celle de la Bête.
C’est dans une lettre au ministre qu’il surnomme Marie-Jeanne Vallet la « pucelle du Gévaudan ».

Le 20 septembre 1765, François Antoine et son garde Rinchard tirent et abattent un « gros loup » dans un bois de l’abbaye royale des Chazes, au bois du Pommier, près des gorges de l’Allier.                                           Disséqué par le chirurgien de Saugues puis naturalisé à Clermont-Ferrand, l’animal est présenté à la cour du roi. Sur place, François Antoine tue ensuite la louve et les louveteaux.        Le loup des Chazes étant bien la Bête, François Antoine rentre à Versailles, et obtient de rajouter sur son blason un « loup mourant » symbolisant la Bête. L’animal est conservé au Muséum puis détruit dans les années 1910…

Officiellement, la bête est morte et le roi ne veut plus en entendre parler.  Mais les meurtres reprennent…

On renouvelle une campagne d’empoisonnement. De fin avril à début juin 1767 se produit même une attaque en série de la Bête, paniquant la population qui organise des pèlerinages.

Le marquis d’Apchier.

En juin 1767, le marquis d’Apcher mène une battue, sur le Mont Mouchet dans le bois de la Ténazeire, accompagné de quelques volontaires voisins, dont Jean Chastel, un cabaretier de La Besseyre-Saint-Mary, et réputé excellent chasseur. Ce dernier, posté sur la Sogne-d’Auvert, près de Saugues, un marécage situé en lisière de la forêt coiffant le mont Mouchet, voit la Bête venir à lui. Comme celle-ci reste immobile, Chastel épaule, vise et tire…

François Antoine lors de la chasse des Chazes.
Cuivre chez Maillet à Paris, sans date.
Présentation du loup des Chazes à la cour de Versailles. Coiffé d’un tricorne, Antoine de Beauterne, fils cadet de François Antoine, est représenté à gauche de la gravure. Au centre, Louis XV palpe la bête naturalisée. La reine Marie Leszczynska se tient à la droite du souverain,
Gravure publiée chez Mandare.

La Bête est morte !

Représentation de la Bête féroce nommée hiene…. Dix représentations des méfaits de la Bête encadrent la scène centrale qui dépeint la « Pucelle de Paulhac » perçant son agresseur de sa baïonnette. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765.

Sa dépouille, chargée sur un cheval, est aussitôt portée au château de Besques. L’animal est autopsié par le chirurgien de Saugues qui trouve dans son estomac des os de moutons et une tête de fémur humain. Empaillé, il est ensuite emporté pour être montré au roi. Qui, finalement, ne le verra pas.

À Paris, Buffon l’examine, malgré les vers et la puanteur, et conclut à « un gros loup » !

L’animal aurait été ensuite enterré dans un jardin à Paris, sans qu’aucun de ses restes soit conservé au Muséum ! 

Maigrement récompensé par le roi, Jean Chastel fut, en revanche, porté en héros, par tous les habitants de la province du Gévaudan.

Reste la question principale : quelle est la nature de cet être monstrueux ?

Portrait de la hyène, bête féroce…. Gravure, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765.

Loup, hybride entre loup et chien, animal exotique (lynx, ours, hyène, glouton, thylacine, singe cynocéphale), chien vêtu d’une cuirasse et dressé pour attaquer l’homme, loup-garou (homme transformé en loup), voire fou sadique ou tueur en série.

« Figure du Monstre qui désole le Gévaudan ».
Gravure sur cuivre de 1764-1765.

« Toutes ces hypothèses ne résistent pas longtemps à un examen sérieux des sources écrites disponibles, tempère Bernard Soulier, érudit local spécialiste de la question. Mais la décapitation d’au moins quinze victimes reste, à ce jour, inexpliquée », reconnaît-il.

Pour Gérard Ménatory fondateur du parc Les Loups du Gévaudan :

« Ce qui est difficile à croire, c’est qu’un loup ait attaqué systématiquement bergers et bergères, car un loup imprégné ou non s’en prendra toujours en priorité aux moutons. Par ailleurs, un loup élevé dans de telles conditions (élevé par Antoine Chastel) n’aurait pas fui devant les chasseurs, puisqu’il n’aurait vraiment eu aucune raison d’en avoir peur, et jamais il n’aurait été nécessaire de le chasser pendant trois ans.
Peut-on supposer que Chastel ait eu l’occasion d’élever un produit du croisement entre un chien et une louve, ou vice versa ? Ce n’est pas impossible, mais là encore il faut savoir que ces hybrides sont généralement moins agressifs que les parents dont ils sont issus.

Il reste comme animal possible une hyène.
Une hyène élevée par Antoine Chastel alors qu’il était garçon de ménagerie en Afrique. Une hyène qui aurait été le mâtin des historiens. Durant son séjour en Afrique, Antoine Chastel avait eu tout le temps d’apprivoiser une jeune hyène ; il peu l’avoir élevée comme un chien lorsqu’elle a été sevrée. Une hyène sauvage n’aurait pas pu être la Bête du Gévaudan, mais une hyène vivant aux côtés de Chastel aurait pu très bien être la Bête. »

« Cette bête du Gévaudan que pour toutes les raisons invoquées Chastel n’avait pas la possibilité de nourrir. Alors cette hyène pouvait s’attaquer aux petits gardeurs de troupeaux. Une hyène est capable d’agresser des êtres humains, à condition qu’ils ne soient pas en force ; il est plus dans le comportement d’une hyène de commettre de tels méfaits que dans celui d’un loup ou de deux ou trois loups.

Dans cette association redoutable qui a commencé à tuer ? Quel était le rôle de chacun ? Difficile à dire. Mais entre un homme vivant seul, émasculé, mourant de faim et la bête, il y a certainement un lien très étroit. Qui a commencé ? La hyène, peut-être, qui ayant une première fois échappé à son maître a tué une bergère. Peut-être, qui sait Chastel n’a-t-il pris aucune part à ces crimes. Il en aurait eu simplement connaissance et dans cette hypothèse on ne pourrait que lui reprocher d’avoir été complice passif. Antoine Chastel, en somme, couvrait sa hyène. Il la défendait contre les dragons, contre tous ceux qui, avec plus ou moins d’ardeur, participaient aux battues. Bien souvent la Bête du Gévaudan disparaissait mystérieusement, où allait-elle ? Vraisemblablement elle trouvait refuge auprès de son maitre. »

Les premières théories accusant un homme remontent au début du XXème siècle.

Le comte de Morangiès, un grand seigneur local, est pointé du doigt. C’est cette thèse qui a inspiré le film Le Pacte des loups, sorti en 2001. Pour André Aubazac, auteur de plusieurs ouvrages sur l’affaire, le coupable est tout autre. Il s’agit de Pierre Chastel, le frère de Jean. Deux fois veuf, Pierre aurait cherché à se remarier. Sans succès. Il se serait vengé sur les familles des épouses potentielles, aidé par deux de ses fils dans sa macabre besogne. Pourquoi n’a-t-il jamais été neutralisé ? Pour Aubazac, il faut regarder en direction des hautes sphères du pouvoir. En 1764, le duc de Choiseul, chef du gouvernement de Louis XV, nomme un nouvel archevêque, François Joachim de Bernis. Ce dernier est le fils… d’une Chastel, parente de Jean et de Pierre. Pas question de voir sa belle ascension sociale entachée d’un tel scandale !

Une thèse séduisante… mais impossible pour Bernard Soulier. Né dans un hameau à 2 km du lieu où Chastel a tué la Bête, il se passionne pour l’affaire depuis qu’il est petit. « Tous les écrits parlent d’un animal, affirme-t-il. Si c’était un homme, ils l’auraient dit ! »

Toujours est-il que, si certains doutent de la responsabilité d’un criminel à quatre pattes, certaines questions ne sont pas résolues :

*Pourquoi les moutons n’ont-ils pas été inquiétés ? *Pourquoi des corps étaient-ils décapités et retrouvés dans des postures étranges ? *Un enfant aurait même été enlevé dans une cour fermée. *Et pourquoi les attaques se déroulaient-elles parfois à de grandes distances les unes des autres dans un court laps de temps ?

Les questions restent posées…

Aujourd’hui, si le loup est présent en Gévaudan, la Bête ne rôde plus que dans la mémoire collective et les projets de développement culturel et touristique du pays. Ainsi peut-on voir de nombreuses sculptures en métal, bronze ou bois sur les places de village (Auvers, Le Malzieu-Ville, Aumont-Aubrac) ou en bord de route (Saint-Chély-d’Apcher, Saint-Privat-d’Allier). De même que des croix en pierre, commémorant l’endroit où des hommes, des femmes et des enfants ont été blessés ou ont perdu la vie, ou bien des stèles comme celle de Jean Chastel, le « vainqueur de la Bête » à La Besseyre-Saint-Mary. On peut aussi déguster des produits locaux à l’effigie de la Bête (charcuterie à Saint-Chély-d’Apcher, chocolats et caramels à Mende).

Toutes les librairies locales présentent en vitrine des livres sur la Bête, y compris La Gazette de la Bête, revue annuelle animée par Bernard Soulier, et les musées, la Maison de la Bête à Auvers et le Musée fantastique de la Bête du Gévaudan à Saugues créé par Jean Richard, battent le plein durant la saison estivale. Chaque année, au mois d’août, le char de la Bête ouvre le corso fleuri de Mende.

La Bête a également inspiré de nombreux cinéastes. Notamment Le Pacte des loups, de Christophe Gans (2001), avec Samuel Le Bihan et Vincent Cassel, qui est une adaptation très libre de l’histoire et emprunte la théorie du complot au moyen d’un fauve exotique conditionné à tuer. Ou bien La Bête du Gévaudan (2003), téléfilm de Patrick Volson, entouré de Jean-François Stévenin et Guillaume Gallienne, qui reprend à la fois les hypothèses du loup et du fou sadique.

L’histoire et sa légende sont aussi une source d’inspiration artistique, des pièces de théâtre, des romans, des BD…

En attendant que la vérité de la Bête jaillisse un jour, le loup sauvage (Canis lupus italicus) est de retour sur les plateaux forestiers de la Margeride.

Espérons que s’il s’y installe, il n’engendre pas autant d’inquiétudes et de souffrances qu’il y a 250 ans.

  • CHABROL Jean-Paul, La bête des Cevennes et la bête du Gévaudan en 50 questions, Editions Alcide, 2018.
  • MAURICEAU Jean-Marc, La Bête du Gévaudan, Larousse, Paris, 2008. 
  • MAURICEAU Jean-Marc, La Bête du Gévaudan, la fin de l’énigme ?, Editions Ouest France, 2015. 
  • SOULIER Bernard, Sur les traces de la bête du Gévaudan et de ses victimes, Editions du cygne, Paris, 2011. 
  • MAURICEAU Jean-Marc & MADELINE Philippe, Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 2), 2010

https://www.mende-coeur-lozere.fr/decouvrir-lessentiel/du-temps-du-gevaudan/bete-du-gevaudan/

https://www.loupsdugevaudan.com/decouvrir-les-loups/la-bete-du-gevaudan/

https://www.archivesdepartementales.puy-de-dome.fr/archive/exposition/voir/14/22588

https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%AAte_du_G%C3%A9vaudan

https://www.tourisme-occitanie.com/a-voir-a-faire/bete-du-gevaudan-et-si-menait-l-enquete-en-lozere

https://www.francebleu.fr/amp/infos/culture-loisirs/terre-de-cevennes-la-bete-du-gevaudan-la-fin-de-la-traque-3-3-1540570990

https://www.lexilogos.com/gevaudan.htm

https://youtu.be/5CgE6iDo4x8

https://youtu.be/fopZ6QYHEfc

https://youtu.be/lQ94b02Pjdg

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Histoire de l’uniforme.3ème partie : les uniformes de la Révolution et du 1er empire.

https://youtu.be/6kdQLTHzfm4

Jusqu’au début du XXème siècle, on a adopté en France, mais également dans de nombreux pays, des tenues de combat hautes en couleurs et chamarées d’or et d’argent, sans compter les plumets des coiffures.
C’est que la portée des fusils était faible, et se camoufler était secondaire.

L’uniforme devait être avant tout distinctif, et comme disait le Duc de Wellington, je ne demande qu’une chose ; que nous soyons en tout aussi différents des français que possible. Il est difficile de se représenter les inconvénients qui résultent d’une similitude quelconque de nos uniformes, que ce soit à pied ou à cheval…

C’est que les- erreurs d’identification étaient fréquentes.

Les couleurs et les accessoires servaient à impressionner l’ennemi, car les hommes se battaient de près.
Les nuances contribuaient à forger un farouche esprit de corps propre à chaque régiment.

Les exigences de l’efficacité et du prestige allaient à l’encontre de l’efficacité, mais lors du 1er empire, Napoléon voulaient renforcer la fierté propre aux combattants et avait enjolivé les tenues.

Bien sûr, les troupes ne montaient pas au combat avec les beaux- uniformes que l’on voit dans les peintures, on portait le plus souvent des tenues élimées, des articles manquaient et on faisait au mieux…

Je vous présente la 3ème partie de cette petite histoire de l’uniforme, avec les tenues militaires portées par l’armée française durant le 1er empire.

L’affaire des poisons.

Série de scandales impliquant des empoisonnements survenus entre 1675 et 1682, sous le règne de Louis XIV, et qui secouèrent Paris et la Cour. Plusieurs personnalités éminentes de l’aristocratie furent impliquées, et ces affaires installèrent un climat hystérique de « chasse aux sorcières » et aux empoisonneuses.

Si l’on en croit Saint-Simon,  » il y a des modes de crimes comme d’habits « .
Au XVIIe siècle, c’est le poison qui est en vogue, au point qu’on le voit partout.
La rumeur commence avec la mort brutale d’Henriette d’Angleterre, 26 ans, épouse de Monsieur ; après avoir bu un verre d’eau de chicorée, elle se tord de douleur et succombe en quelques heures.

Henriette d’Angleterre (1644-1670).

La soudaineté de l’événement fait s’écrier Bossuet :  » Madame se meurt, Madame est morte.  » Nous sommes en 1670. Louis XIV a 32 ans.

Louis XIV, roi de France (1638-1715). Vers 1670 Anonyme.


La mort de sa belle-soeur, dont on le dit épris, le bouleverse. Il commande discrètement une enquéte au lieutenant de police La Reynie.

Gabriel Nicolas de La Reynie,
portrait peint par Pierre Mignard.

L’hypothèse de l’empoisonnement ne tient pas.

En 1675, une nouvelle affaire défraie la chronique.
La marquise de Brinvilliers, soupçonnée depuis un bon moment d’avoir empoisonné père et frères afin de hâter la succession à son profit, est finalement arrétée et traduite en justice.
Le scandale est énorme, car la dame est fille d’un conseiller d’Etat.
Malgré les preuves qui l’accablent, elle n’avoue rien lors de son procès, mais la police met au jour un réseau criminel où se retrouvent à la fois des empoisonneurs, des sorciers, des alchimistes, des avorteuses.

Charles Le BrunPortrait de la marquise de Brinvilliers (1676), Parismusée du Louvre.
Dessin réalisé le jour de son exécution, seul portrait d’elle authentifié.

La meilleure société fréquente ce monde interlope ; plusieurs personnalités sont citées : la comtesse de Soissons et la duchesse de Bouillon, nièces de Mazarin ; le maréchal de Luxembourg ; les comtesses de Polignac, du Roure, et de Gramont ; Mmes de Vivonne et de La Mothe ; Mlles des Å’illets et Cato ; la maréchale de La Ferté ; Racine…

Portrait de François-Henri de Montmorency-Bouteville, duc de Piney-Luxembourg (1628-1695).

Les magistrats effarés découvrent que la noblesse de robe comme celle de cour n’hésitent pas à recourir à des procédés louches, qui vont du philtre d’amour bien illusoire à la poudre de succession, nom poétique pour désigner l’arsenic.
Tout ce beau monde se croit d’autant plus à l’abri de la police que la médecine est incapable de déceler la trace du poison dans les cadavres.

L’opinion publique se passionne pour ces faits divers et suit avec assiduité les comptes rendus du procès ouvert devant la grande chambre du Parlement.
Une fois la Brinvilliers exécutée, en 1676, le fidèle La Reynie ne lâche pas sa piste.
Remontant la filière, il met la main sur une certaine Catherine Deshayes, épouse Monvoisin, dite la Voisin. Spécialisée en sorcellerie, celle-ci fournit les préparations destinées à se débarrasser de personnes encombrantes.
Et ce n’est pas tout : elle lance des sortilèges d’amour ou de haine, s’adonne à des messes noires et autres cérémonies sataniques.
La Reynie découvre que cette  » star  » est conviée dans les salons de l’aristocratie parisienne.

La Voisin (v.1640-1680), estampe du XVIIe siècle

Dépassé par les événements, il s’en ouvre à Louis XIV.
Le roi, aussi inquiet que son lieutenant de police, décide que l’affaire sera traitée par une voie judiciaire rapide et efficace.
C’est ainsi qu’est créée une commission extraordinaire, la Chambre ardente, chargée à la fois d’instruire et de juger.

Réunie la première fois le 10 avril 1679, elle décide de garder l’instruction secrète afin de ne pas enflammer l’opinion publique.
Sage précaution, au demeurant, car on découvre bientôt que ce ne sont pas seulement des personnalités en vue qui sont impliquées, mais le propre entourage du souverain.
Le nom de Mme de Montespan est cité à plusieurs reprises.

Portrait de Madame de Montespan ( 1640-1707), conservé au château de Versailles (peinture de la seconde moitié du XVIIème siècle).

Louis XIV, qui se trouve alors dans les Flandres, est effondré.
Lui qui a désiré sincèrement faire toute la lumière sur cette affaire ne peut évidemment laisser se propager de telles accusations.
Il donne un coup d’arrét aux investigations, préférant laisser certains coupables échapper à la mort plutôt que de voir la mère de ses six enfants traduite en justice.

Ce qui surprend le plus dans cette histoire, c’est qu’à l’orée des Lumières, la société éclairée fasse appel à des sorciers comme au bon vieux temps de Catherine de Médicis.
A croire que la magie noire a encore pignon sur rue.
Mais de cette ténébreuse affaire va sortir quelque chose de positif : une législation sur le poison.
Le roi, qui veut en finir avec ces pratiques douteuses, devient ainsi le premier législateur dans le domaine du contrôle et de la sécurité des substances vénéneuses.

Publié dès la clôture des procès, l’édit de juillet 1682 fait de l’empoisonnement un crime puni de mort et proscrit du royaume ceux qui se disent devins, magiciens et enchanteurs.
Dorénavant, seuls les professionnels de la santé auront accès aux toxiques.

Edit du roy en 1682. Archives nationales BH/AD/484.

http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/proces-historiques-10411/laffaire-des-poisons-24442.html

https://www.historia.fr/laffaire-des-poisons

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/03/laffaire-des-poisons-psychose-la-cour-de-louis-xiv

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_poisons

https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-18-septembre-2016

https://youtu.be/zX0J3qhFmX8

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/03/laffaire-des-poisons-psychose-la-cour-de-louis-xiv

Les Croisades de 1095 à 1291.

Appel de Clermont le 27 novembre 1095, par Urbain II.

Le prêche du pape Urbain II au concile de Clermont. Miniature de Jean Colombe, extraite des Passages d’outremer, vers 1474, BNF, Fr.5594.

« Il importe que, sans tarder, vous vous portiez au secours de vos frères qui habitent les pays d’Orient et qui déjà bien souvent ont réclamé votre aide. En effet, comme la plupart d’entre vous le savent déjà, un peuple venu de Perse, les Turcs, a envahi leur pays. Ils se sont avancés jusqu’à la mer Méditerranée (…) Ils s’étendent continuellement au détriment des terres des chrétiens, après avoir vaincu ceux-ci à sept reprises en leur faisant la guerre. Beaucoup sont tombés sous leurs coups; beaucoup ont été réduits en esclavage. Ces Turcs détruisent les églises; ils saccagent le royaume de Dieu. Si vous demeuriez encore quelque temps sans rien faire, les fidèles de Dieu seraient encore plus largement victimes de cette invasion. Aussi je vous exhorte et je vous supplie — et ce n’est pas moi qui vous exhorte, c’est le Seigneur lui-même —, vous, les hérauts du Christ, à persuader à tous, à quelque classe qu’ils appartiennent, chevaliers ou piétons, riches ou pauvres, par vos fréquentes prédications, de se rendre à temps au secours des chrétiens et de repousser ce peuple néfaste loin de nos territoires. Je le dis à ceux qui sont ici, je le mande à ceux qui sont absents : le Christ l’ordonne ».

On ne connaît pas le discours exact d’Urbain II. Il n’a pas été retranscrit.

Celui-ci est reconstitué grâce notamment aux témoignages de quatre témoins directs du discours qui racontèrent l’événement a posteriori, au début du XIIème siècle. Les quatre clercs en question (Geoffroi de VendômeBaudri de BourgueilRobert le Moine et Foucher de Chartres).

Les croisades des XIèmes et XIIèmes siècles. Les premières croisades
Seules les trois premières croisades sont réellement des expéditions rassemblant toute la chrétienté occidentale pour conquérir, défendre ou délivrer la Terre sainte selon la volonté pontificale.

Préambule :

Bien que des siècles nous en séparent, les Croisades ne sauraient être un sujet dépassé.

C’est un thème qui demeure d’une actualité brûlante, car, comme dans un écho lointain à notre monde, il met aux prises un Orient musulman et un Occident chrétien.

A ce titre, il véhicule des problématiques qui sont toujours les nôtres, toujours aussi délicates.

Signification et origines des Croisades :

Le mot « Croisades » renvoie à des opérations militaires menées au nom de la foi.

La Reconquista, reconquête progressive de l’Espagne des mains des musulmans (722-1492), est une forme de Croisade.

Reconquista. Miniatura de las Cantigas de Santa María.

Chaque fois que l’Église va en guerre contre des groupes qu’elle considère comme hérétiques ou des juifs, on parle de Croisade.

Le mot a donc un sens extensif. Notre propos va porter sur un aspect très particulier, les Croisades en Orient.

Miniature du « Roman de Godefroy de Bouillon et Saladin », 1337. BN, Paris, France.

Ce sont les huit campagnes militaires principales parties d’Occident vers l’Orient afin de reconquérir la Terre Sainte et qui ont duré près de deux siècles avec l’établissement d’entités politiques appelées les Etats latins, ce qui s’apparente à une entreprise de colonisation, car l’Europe sort de ses frontières et part à la conquête de toute une région.

Capture de Jérusalem le 15 juillet 1099. Réalisation entre le XIe et le XIVe siècles

1ère croisade de 1095 à 1099 ; 2ème croisade de 1147 à 1149 ; 3ème croisade de 1189 à 1192 ; 4ème croisade de 1202 à 1204 ; croisade des enfants en 1212 ; 5ème croisade de 1217 à 1221 ; 6ème croisade de 1228 à 1229 ; 7ème croisade de 1248 à 1254 ; 8ème croisade en 1270.

La mort de Saint Louis, Chroniques de Saint-Denis, BL, Royal 16 G VI, fo 444 vo.

http://www.e-chronologie.org/moyen-age/croisade

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_synoptique_des_croisades

http://classes.bnf.fr/idrisi/monde/croisade.htm

https://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-Croisades-1096-1291-le-choc-de-la-rencontre-entre-deux-mondes-1-3.html

https://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-Croisades-1096-1291-le-choc-de-la-rencontre-entre-deux-mondes-2-3.html

https://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-Croisades-1096-1291-le-choc-de-la-rencontre-entre-deux-mondes-3-3.html

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/les_croisades/38613

http://www.histoire-france.net/moyen/croisades

https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-y-a-t-il-eu-des-croisades-202376

https://www.herodote.net/croisade-mot-53.php

Le premier État latin à naître est le comté d’Édesse, en 1098 : en s’alliant avec les Arméniens, désireux de se débarrasser des Turcs, Baudouin de Boulogne impose petit à petit un nouveau modèle politique inspiré du modèle féodal occidental. La même année, Bohémond de Tarente s’installe à Antioche.
La prise de Jérusalem en juillet 1099 accouche du royaume de Jérusalem, d’abord dirigé par Godefroy de Bouillon (1099-1100) puis par son frère, déjà comte d’Édesse, qui devient Baudouin Ier de Jérusalem. Le comte de Tripoli, Bertrand de Toulouse, doit recourir à ce dernier pour assurer son pouvoir – la résistance locale y est plus forte.
Au total, le roi de Jérusalem acquiert très vite une préséance, voire une suzeraineté, sur l’ensemble des États latins. C’est dans son royaume que les Francs sont plus nombreux et mènent une politique de colonisation au sens médiéval du terme.
Godefroy de Bouillon dans sa tour de siège à l’assaut de Jérusalem. Enluminure du manuscrit Li rommans de Godefroy de Buillon et de Salehadin et de tous lez autres roys qui ont esté outre mer jusques a saint Loys qui darrenierement y fu, illustré par le maître du Roman de Fauvel.
Paris, BnFdépartement des manuscritsms. Français 22495, fo 69 vo, 1337.

https://www.lhistoire.fr/godefroy-de-bouillon-le-crois%C3%A9-exemplaire

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/les-croisades-vues-den-face

https://blog-histoire.fr/2000-ans-histoire/2226-les-croisades.html

https://www.canalacademie.com/ida352-27-novembre-1095-l-appel-de-Clermont-Urbain-II-lance-la-croisade.html

https://youtu.be/7ltZKRjzeL8

https://youtu.be/X4DHHn327LM

L’empire mongol.

ou « ikh mongol ulus », littéralement « Grand État mongol ».

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En 1206, le prince mongol Temüjin est proclamé souverain de l’ensemble du « peuple aux tentes de feutre », sous le titre de Chinggis Qan, c’est-à-dire « roi océanique » ou « roi fort », notre Gengis Khan.

Portrait imaginaire de Gengis Khan.
TaipeiMusée national du Palais, XIVème siècle. Ce portrait date de plusieurs siècles après sa mort. Il n’existe aucune représentation de Gengis Khan de son vivant.

Cet événement marque l’union politique de tous les nomades des régions steppiques et boisées s’étendant de la Manchourie à l’Altaï, sous la dénomination collective de Mongols.

Emblème des khans mongols.

Il constitue le point de départ d’une série de conquêtes, menant à la formation du plus grand empire terrestre de l’histoire : à la mort de Gengis Khan, en 1227, il s’étend déjà du Pacifique à la Caspienne, recouvrant les steppes mongoles et kazakhes, la Chine du Nord, l’Asie centrale, l’Iran oriental et septentrional.

Les campagnes de Gengis Khan.

Ses successeurs, Ögödei (1227-1241), Güyük (1246-1248) et Möngke (1251-1259), étendront la domination mongole de la Corée jusqu’aux Carpathes, du lac Baïkal et de la principauté de Novgorod jusqu’au Cachemire et au golfe Persique.

L’empire mongol à son apogée en 1300. L’empire timuride en 1405.

La formation d’un tel empire, plus étendu que l’Empire achéménide du grand Darius ou que l’empire d’Alexandre qui s’y substitua, infiniment plus considérable que l’Empire romain ou celui de Charlemagne… constitue un bouleversement à l’échelle mondiale, en ce qu’elle remet profondément et durablement en cause la géopolitique de l’Eurasie d’alors, et met en contact la Chine, l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Europe sur les plans commercial, culturel et scientifique.

Archers à cheval au combat (illustration d’un manuscrit du début du XIVème siècle), BNF.

L’Empire gengiskhanide fut aussi l’un des plus éphémères des grands empires historiques. De ce fait, il n’eut guère le temps de connaître la grandeur – ni la décadence.

Pourtant, cet État-continent reposa durant sa courte existence sur des infrastructures politiques et institutionnelles relativement solides qui auraient pu lui permettre de perdurer. Il n’en fut rien.

Marco Polo, voyageur vénitien et marchand rencontrant Kublai Khan (1274). Détail d’un manuscrit enluminé de la Bodleian Library, Oxford.

Dès la fin du XIIIème siècle, l’Empire mongol n’était plus qu’une constellation de mini-empires rivaux qui, les uns après les autres, allaient plus ou moins rapidement se déliter.

Billet de banque et sa matrice de la dynastie Yuan, imprimé en écriture chinoise han et écriture mongole Phagpa.

De cette aventure monumentale, seuls l’empire chinois des Yuan (1271-1368) fondé par Qoubilaï Khan et l’Empire moghol (1526-1540, 1555-1857) institué par Babur laisseront une œuvre pérenne.

Les successeurs de l’Empire mongol en 1500.

Mais l’empire de Qoubilaï tint sa réussite à la capacité qu’eurent les Chinois d’absorber l’envahisseur, avant de l’affaiblir pour s’en débarrasser, et l’empire des Grands Moghols, s’il fut construit de toutes pièces par un descendant direct de Gengis, Babur, ne fut pas à proprement parler un héritage de l’Empire gengiskhanide…

https://www.cairn.info/la-fin-des-empires–9782262051600-page-141.htm

https://www.herodote.net/Le_plus_vaste_empire_qui_ait_jamais_existe-synthese-80.php

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Mongols/133701

https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_mongol

http://www.kronobase.org/chronologie-categorie-Empire+mongol.html

http://oer2go.org/mods/fr-wikipedia_for_schools/wp/m/Mongol_Empire.htm

http://voyagemongolie.com/Index_fichiers/Empire_mongol_apres_Gengis_Khan.htm

https://www.capital.fr/economie-politique/l-empire-mongol-de-1204-a-1368-30-millions-de-kilometres-carres-record-qui-reste-a-battre-627636

https://www.lhistoire.fr/gengis-khan-portrait-intime-dun-conqu%C3%A9rant

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Gengis_Khan/121097

https://journals.openedition.org/remmm/277

http://oer2go.org/mods/fr-wikipedia_for_schools/wp/g/Genghis_Khan.htm

https://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1975_num_1_1_1314

Kubilai Khan.

https://www.cairn.info/les-trente-empereurs-qui-ont-fait-la-chine–9782262051587-page-248.htm

https://tokonomamagazine.com/2018/07/13/kubilai-khan-ou-lascension-dun-barbare/

https://youtu.be/hkEIVSKZ8pc

https://www.ted.com/talks/anne_f_broadbridge_the_rise_and_fall_of_the_mongol_empire/transcript

https://www.dailymotion.com/video/xymxr3

https://youtu.be/FHYaEIRGmmU

https://www.lumni.fr/dossier/gengis-khan-l-empire-des-steppes

https://www.franceculture.fr/emissions/petit-precis-dhistoire-lusage-des-candidats/l-election-des-grands-khans-mongols-au-xiiie

https://blog-histoire.fr/2000-ans-histoire/1807-genghis-khan.html

Histoire de Paris.

Blason de Paris :
Les armes de Paris se blasonnent ainsi :  De gueules à la nef équipée et habillée d’argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef cousu d’azur fleurdelysé d’or.  Devise : « Fluctuat nec mergitur », ce qui signifie « Il flotte mais ne sombre pas ». Elle évoque le Scilicet, navire également représenté sur le blason de la ville et symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l’eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge.

Premières étapes :

L’histoire de Paris remonte autour de l’an 259 avant J-C, lorsque la petite tribu des Parisii fonda la ville sur la rive droite de la Seine. Ce premier peuple de pêcheurs tomba entre les mains des Romains qui fondèrent la ville de Lutèce en l’an 52 avant J-C.

Paris gallo-romaine

La ville ne prendra le nom de Paris qu’au IVème siècle. Durant cette époque, la légende raconte que la ville résista à l’invasion d’Attila grâce à l’intervention de Sainte Geneviève (la sainte patronne de la ville).  

Statue de sainte Geneviève par Pierre Hébert sur la façade de l’église Saint-Étienne-du-Mont.

Clovis, roi des Francs, décida de faire de Paris la capitale du pays en l’an 508.  

Gisant de Clovis Ier à Saint-Denis. Les traits et la couronne sont conformes aux représentations du XIIIème siècle.

C’est en l’an 987 que s’installa la dynastie capétienne jusqu’en 1328.

Gravure figurant le Louvre à la fin du XIIe siècle, réalisée vers 1800.

Paris gagna en importance tout au long du XIème siècle, grâce au commerce d’argent et à sa situation géographique qui croisait la route de nombreux pèlerins et commerçants.

Révoltes et rébellions :

Paris en 1150.

Au début du XIIème siècle, étudiants et maîtres se confrontèrent à l’autorité épiscopale et formèrent la corporation « universitas ». Louis IX octroya à Robert de Sorbon la fondation de « La Sorbonne ». Dès lors, Paris est devenue une ville universitaire.

Collège de Sorbonne en 1550.

Paris vécut trois révoltes au cours du XIVème siècle :  la Rébellion des Commerçants de 1358 (menée par Etienne Marcel), la Révolte des Maillotins de 1382 (soulèvement des citoyens contre l’oppression fiscale) et la Révolte des Cabochiens de 1413 (également menée par les commerçants). Cette série de soulèvements est répertoriée dans la Guerre de Cent Ans.

Au premier plan, le meurtre des deux maréchaux. Au second plan, Étienne Marcel tend un chaperon rouge et bleu au dauphin Charles tandis que ce dernier détourne le regard (Grandes Chroniques de FranceBnFms. français 2813 fº409v, vers 1375-1380).

Outre les conflits qui provoquèrent des milliers de morts, la capitale française était en 1328, la ville la plus peuplée d’Europe, jusqu’à ce que sa population se vit décimée par la Peste Noire.

Le peste noire. Document non répertorié.

À la suite de la Guerre de Cent Ans, Paris fut dévastée et Jeanne d’Arc ne parvint pas à libérer la ville des Anglais et de ses alliés (les Bourguignons).

Paris en 1450.

Malgré la présence de la Cour dans la Vallée de la Loire, la ville continua à s’étendre de manière décousue.

Ce ne fut qu’en 1528, lorsque le roi François Ier établit sa résidence officielle à Paris, que la ville devint la plus grande d’Occident.

Le 24 août 1572 fut la date d’un événement tragique, plus connu sous le nom du Massacre de la Saint-Barthélemy – le massacre en masse des protestants (huguenots) organisé par les rois de France. Cet épisode tragique se perpétua pendant plusieurs mois dans d’autres villes.

Le Massacre de la Saint-Barthélemy de François Duboismusée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.

Cette même année, Marguerite de Valois, la sœur du roi de France se maria avec Henri de Navarre (chef de la dynastie des huguenots), ce qui permit de réduire les conflits. Cependant, en 1588, les Français catholiques se confrontèrent au roi Henri III, jour que l’on nomma « Journée des barricades ». Le roi fut assassiné et Henri de Navarre s’empara du trône.

Le 12 mai 1588, les Parisiens se soulèvent contre le roi Henri III et dressent des barricades dans Paris. Rue des Archives/© Mary Evans/Rue des Archives.

En 1648, l’appauvrissement général de la population amena le peuple à s’insurger contre le roi – ce fut le second « Jour des barricades ». Cet événement marqua le début de la « Fronde », une série de guerres civiles qui eurent lieu dans le pays entre 1648 et 1662. Quinze ans plus tard, le roi Louis XVI décida de transférer la Cour à Versailles.

Le Président Molé, saisi par les factieux, au temps des guerres de la Fronde.
Peinture d’histoire de François-André Vincent1779.

Le déclin de la monarchie :

Suite à la période de la « Fronde », la pauvreté se répandit aux quatre coins de la ville.

Plan de Jouvin de Rochefort,1672.
Distribution de pain au Louvre pendant la grande famine de 1693-1694.
Début XVIIIe siècle.
André Le Roux
Musée Carnavalet, Paris.

Au même moment, le courant de pensée de l’époque correspondait à celui des Lumières, dont les principes fondamentaux se basaient sur la raison, l’égalité et la liberté.

Image de couverture de l’interprétation par Voltaire de l’œuvre d’Isaac Newton, Éléments de la philosophie de Newton, mis à la portée de tout le monde (1738).

La pauvreté combinée aux nouvelles idées véhiculées par le courant des Lumières – dont le mouvement a été initié par des philosophes et littéraires tels que Voltaire, Rousseau, Diderot ou Montesquieu – ont grandement favorisé le désir de promouvoir une égalité socio-économique. Ces circonstances menèrent le peuple français à faire la Révolution et entraînèrent le déclin de la monarchie de droit divin.

Ouverture des États généraux à Versailles,  5 mai 1789Auguste Couder, 1839, Musée de l’Histoire de France (Versailles).

Le 14 juillet 1789, les Parisiens attaquèrent la Bastille, symbole de l’absolutisme monarchique, et ce fut le 3 septembre 1791 que la première Constitution fut promulguée dans l’histoire de France. Celle-ci ne conférait plus qu’au roi le pouvoir exécutif et le droit de véto contre les lois approuvées par l’Assemblée Législative.

Le 10 août 1792, après différents assauts, le peuple prit le Palais des Tuileries, et l’Assemblée Législative suspendit les fonctions constitutionnelles du roi. Le nouveau parlement abolit alors la monarchie et proclama la République. Suite à ces événements, une nouvelle Constitution conférant le pouvoir exécutif au Directoire fut promulguée le 17 août 1795.

La prise des Tuileries le 10 août 1792,
tableau de Jean Duplessis-Bertaux,
(musée du château de Versailles).

Paris de Napoléon :

La nouvelle Constitution connut une forte opposition de la part des groupes monarchiques et jacobins. Différentes révoltes ont éclaté à Paris, toutes réprimées par l’armée.

Cependant, le 9 novembre 1799, l’armée n’a pas réussi à réprimer la rébellion du général Napoléon Bonaparte, qui renversa le Directoire pour y établir un Consulat.

Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud. 10 novembre 1799 (François Bouchot, 1840, château de Versailles). Orangerie du parc de Saint-Cloud, coup d’État des 1819 brumaire an VIII.

En 15 ans d’Empire napoléonien, Paris connut une époque de grande expansion : la place du Carrousel fut agrandie, deux arcs de triomphe furent érigés ainsi qu’une colonne, la bourse et d’autres marchés et abattoirs.

Arc de triomphe.

Les guerres napoléoniennes emportant avec elles l’Empire de Napoléon, prirent fin le 20 novembre 1815,après la défaite finale, durant la bataille de Waterloo et le Second Traité de Paris en 1815.

Gallica – BnF
Extrait du Moniteur du 26 Novembre 1815. – N. 1. Traité De Paix.

Expansion urbaine :

Paris entre 1790 et 1850.

Après la défaite de Napoléon, la France traversa une période difficile entraînant une instabilité politique forte, jusqu’au coup d’état de 1851 qui propulsa Napoléon III au pouvoir. 

Cavaliers dans les rues de Paris le 2 décembre 1851. Leur officier confère avec des sergents de ville en bicorne tandis que deux crieurs de journaux vendent le quotidien bonapartiste La Patrie, l’un des imprimés exceptionnellement non interdits.
Gravure publiée dans The Illustrated London News.

Ce dernier encouragea fortement le développement urbain durant ses 17 années au gouvernement.

Avec l’arrivée de Napoléon III et l’élection du Baron Haussmann en tant que préfet de la ville, Paris connut de grands changements en termes de style architectural et de structure urbanistique : le centre fut reconstruit et ses enceintes furent détruites pour laisser place à un plus vaste territoire urbain.  

Destructions nécessaires à la percée haussmannienne • Crédits : BnF.

Le 28 janvier 1871, les troupes prussiennes assiégèrent Paris, et quelques années plus tard, la Troisième République fut proclamée. Avec le nouveau gouvernement au pouvoir, Paris connut une phase de développement économique qui permit d’encourager la construction de la Tour Eiffel en 1889, l’emblème de la ville connu dans le monde entier.

Vue générale de la tour EiffelExposition universelle de Paris de 1889.

L’époque contemporaine :

À partir du XXème siècle, de nombreux changements eurent lieu dans la capitale avec la reconstruction de différents quartiers de la ville détruits par les deux guerres mondiales.

Durant la Première Guerre Mondiale, la ville résista à de nombreux bombardements. 

En 1940, Paris occupée par les nazis souffrit différents dommages. Toutefois, le 25 août 1944, les Parisiens aidèrent à libérer la capitale.

« Des résistants tirant avec un lMG Bren.303 britannique ». Anonyme- © BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais – image BPK.

Pendant la guerre d’Algérie, Paris connut à nouveau beaucoup d’agitations.

Manifestation du 17 octobre 1961 dans les rues de Paris • Crédits : Gamma-Keystone – Getty.

Paris a également été le théâtre de ce que l’on a nommé “Mai 68”, la série de grèves et de manifestations qui eurent lieu pendant les mois de mai et juin 1968. Ce fut la révolte étudiante majeure de l’histoire de France, et très certainement d’Europe occidentale.

Policiers en tenue de maintien de l’ordre le 2 mai 1968, Boulevard Saint-Michel à ParisAFP/ARCHIVES – JACQUES MARIE.

En 2015, des attaques terroristes ont frappé la capitale et sa banlieue, dont celui du 13 novembre, où 137 personnes perdirent la vie et 415 autres furent blessées.

Paris, le 23/11/15 : Hommage aux attentats du vendredi 13 Novembre 2015, Place de la République, Paris • Crédits : ©VIARD M/HorizonFeatures/Leemage – AFP.

En 2020 et 2021, une épidémie de coronavirus a ponctuellement vidé les rues de Paris.

La rue de Rivoli vidée de son trafic n’est plus que perspective. LP/Olivier Corsan.

Mais la vie à Paris ne s’arrête jamais…

Généralités :

https://www.herodote.net/Paris_capitale_hors_normes-synthese-2663-540.php

https://paris-atlas-historique.fr/2.html

https://www.lesdecouvreurs.com/histoire-construction-paris-depuis-le-moyen-age/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l%27histoire_de_Paris

https://wp.me/p6CLoV-5oD

https://www.routard.com/guide/paris/979/histoire.htm

Paris à la préhistoire :

Les pirogues de Bercy sont des bateaux datant du Néolithique. Celle-ci est exposée au musée Carnavalet.

http://lionel.mesnard.free.fr/le%20site/1-1-prehistoire-paris.html

https://www.inrap.fr/magazine/Sur-les-traces-des-premiers-Parisiens/De-la-prehistoire-a-Paris/une-fouille-preventive-capitale

http://histoiredumarais.canalblog.com/archives/2009/08/26/14852638.html

https://french-francais-rag.com/les-rues-de-paris-et-lhygiene-a-travers-les-siecles/

Paris antique :

https://archeologie.culture.fr/paris/fr

Paris au moyen-âge :

https://www.parisbalades.com/Autre/histoire_paris.htm

https://www.unjourdeplusaparis.com/paris-reportage/paris-epoque-gallo-romaine-moyen-age

https://www.unjourdeplusaparis.com/paris-culture/les-plus-belles-architectures-medievales-a-voir-a-paris

Paris du XVIème au XIXème siècle :

https://www.lesdecouvreurs.com/a-quoi-ressemblait-paris-en-1600/

https://urbanisation-paris.com/tag/paris-xvie-siecle/

https://www.aphg.fr/Paris-au-siecle-des-Lumieres-Arlette-Farge

https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/remonter-temps-plongee-sonore-paris-du-18eme-siecle-1681034.html

https://www.unjourdeplusaparis.com/paris-reportage/avant-apres-evolution-de-paris-19e-siecle-a-aujourdhui

Videos et Podcasts :

https://youtu.be/nxzQFmojGzA

https://www.dailymotion.com/video/xe4nih

http://www.citedelarchitecture.fr/fr/video/lombre-des-pouvoirs-lespace-public-paris-au-moyen-age

https://www.canalacademie.com/ida9761-Le-Cercle-des-medievistes-1-Paris-au-Moyen-Age-avec-Philippe-Contamine-de-l-Academie-des-inscriptions-et-belles-lettres.html

https://www.canalacademie.com/ida4667-Philippe-Meyer-Un-parisien-a-travers-Paris.html

https://www.franceculture.fr/theme/paris

https://www.arte.tv/fr/videos/088562-000-A/l-histoire-la-commune-de-paris/

https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/histoire_politique_et_administrative_de_paris_au_xxeme_et_xxieme_siecle.1362

Les navires vikings.

Entre le IXe et le XIIe siècles, les Vikings ont dominé l’Europe, en grande partie grâce à des bateaux longs et étroits, remplis de guerriers, les fameux langskips, plus connus sous le nom de drakkars.

Le terme drakkar, généralement employé pour désigner toute embarcation scandinave de l’époque des grands raids vikings, est une invention de la vague romantique du XIXe siècle et n’a pas de réalité historique.
Une idée couramment répandue voudrait que drakkar provienne du vieux norois dreki, certainement dérivé du terme latin draco et utilisé par association d’idée, car la proue de ces navires de guerre était souvent ornée d’une tête de dragon. Mais il semble impossible, même avec l’évolution de la langue, que le mot dreki soit devenu drakkar. Le terme drakkar a donc été emprunté, au XIXe siècle, du suédois drakar, pluriel de drake, dont le sens premier est « serpent monstrueux, dragon ».

Jusqu’au XIXe siècle, le terme le plus usité dans les divers textes, et adopté très tôt par la langue normande, est le mot esnèque ou senèque. Il provient du vieil islandais snekjur, pluriel de snekkja et s’applique à l’un des types de bateau de guerre le plus typique des vikings, le snekkar.

http://www.mandragore2.net/dico/lexique2/lexique2.php?page=vikings

http://www.raido.fr/heritage-viking-doslo/

Le duché de Bourgogne.

Armoiries de Philippe II le Hardi (1342-1404), duc de Bourgogne.

Ancienne principauté féodale du  royaume de France entre les IXèmes et XVème siècles, avec pour capitale Dijon.

Le duché de Bourgogne et le royaume d’Arles aux XIIème et XIIIème siècles.

À partir de 1006, le duché est un fief gouverné successivement par deux lignées de sang royal, Capétiens directs et Valois.

Blasons.

À la suite du mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre, les Valois-Bourgogne donnent entre 1363 et 1477 une telle extension à leurs possessions, notamment dans les Pays-Bas, qu’ils en parviennent à vouloir ériger leur État bourguignon en royaume indépendant.

Portrait de Philippe II, dit « le Hardi ».
École flamande précoce, huile sur bois, vers 1500. HofburgVienne.
Portrait de Marguerite III de Flandre, école flamande, xvie siècle, musée de l’hospice ComtesseLille.

En effet, tandis que les rois de France s’épuisaient dans les combats de la guerre de Cent Ans, les ducs de Bourgogne ont édifié l’un des empires les plus puissants d’Europe.

La bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356, Chroniques de Froissart, Fr.2643.
Le territoire français en 1429.
La France en 1477.
Possessions de Charles le Téméraire en jaune,
Possessions des Bourgogne-Nevers (Jean de Bourgogne) en orange,
Domaine royal (Louis XI) en bleu.

Le duché de Bourgogne s’étendait, au plus fort de sa puissance, jusqu’aux rives de la mer de Nord comprenant entre autres la Picardie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

L’État bourguignon, sous Charles le Téméraire (1465-1477).

Qui étaient les ducs de Bourgogne ?

Les ducs de Bourgogne étaient si puissants qu’ils ont failli détrôner le Roi de France et faire de Dijon la capitale du royaume !

Palais des ducs de Bourgogne, Dijon, XIVe, XVIIIe siècle.

Mais qui étaient donc ces puissants personnages ?

Philippe le Hardi, le fondateur de la dynastie.

Philippe de France, premier duc Valois de Bourgogne, dit « Philippe le Hardi », né le 17 janvier 1342 à Pontoise et mort le 27 avril 1404 à Hal (Hainaut), est le quatrième et dernier fils du roi Jean II de France, dit « Jean le Bon », et de Bonne de Luxembourg. Il est, de 1363 à 1404, le premier duc de Bourgogne de la maison de Valois.

France, Bourgogne, Côte-d’Or, Dijon, musée des Beaux-Art, portrait du duc de Bourgogne Philippe le Hardi.

Tout commence avec Philippe II de Bourgogne dit « le Hardi », dernier fils du roi Jean II de France. Il doit son surnom à la bravoure dont il fait preuve à 14 ans lors de la défaite française de la bataille de Poitiers en 1356. De retour de sa captivité chez les Anglais, son père lui donne la Touraine en apanage et devient le premier Duc de la dynastie des Valois.

À sa majorité, en 1363, il est nommé duc de Bourgogne avant d’épouser Marguerite III de Flandres riche héritière des comtés de Flandre, d’Artois et de Bourgogne. La possession de ces terres fait de lui le plus puissant des « sires de fleurs de lys ».

Amateur d’art et généreux mécène, il fait reconstruire en 1366 la forteresse de Dijon qui deviendra le Palais des ducs et des États de Bourgogne. L’édifice demeure aujourd’hui le plus prestigieux monument de la ville.

Jean Sans Peur, celui qui voulait devenir roi de France.

Jean Ier de Bourgogne, dit « Jean sans Peur », né le 28 mai 1371 à Dijon et mort assassiné le 10 septembre 1419 à Montereau-Fault-Yonne.

Jean sans Peur,
huile sur chêne, musée du Louvre,
début du xve siècle.

Fils aîné de Philippe le Hardi, Jean II de Bourgogne dit « Jean Sans Peur » est un prince de la maison capétienne de Valois et le cousin du roi Charles VI. En tant que duc de Bourgogne, il consolide les bases de ce qui deviendra l’État bourguignon. Mais son objectif est bien plus ambitieux : il veut devenir le roi de France !

Jaloux de son rival, Louis d’Orléans qui est le frère du roi, Jean Sans Peur le fait assassiner. L’évènement conduit le royaume de France dans une guerre civile entre les Armagnacs (le clan du fils de Louis d’Orléans) et les Bourguignons (le clan de Jean Sans Peur). En 1419, Jean Sans Peur est tué sur le pont de Montereau par les hommes de Charles VII.

Philippe le Bon, le fils qui voulait venger son père.

Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon, né à Dijon le 31 juillet 1396, mort à Bruges le 15 juin 1467.

Philippe le Bon portant le collier de l’ordre de la Toison d’or (d’après Rogier van der Weyden, vers 1450, musée des beaux-arts de Dijon).

Fils unique de Jean Sans Peur et de Marguerite de Bavière, Philippe le Bon s’allie avec l’Angleterre contre le roi de France pour venger le meurtre de son père. Il assiège Montereau avec l’aide d’Henri V d’Angleterre et exhume le cadavre de son père qu’il fait enterrer dans la chartreuse de Champmol à Dijon auprès de son grand-père Philippe le Hardi. Il acquiert une indépendance de fait de l’État bourguignon et accroît la puissance du territoire.

En 1450, il fait construire le corps de logis du palais des ducs ainsi que la tour de la Terrasse (aujourd’hui Tour Philippe le Bon). Les tombeaux de Jean Sans Peur et Philippe Le Hardi sont conservés par le Musée des Beaux-Arts de Dijon. Ils comptent parmi les plus magnifiques monuments funéraires de la fin de Moyen Âge.

Charles le Téméraire, le dernier duc de Bourgogne. Charles de Valois-Bourgogne, dit Charles le Hardi ou Charles le Travaillant, plus connu sous son surnom posthume de Charles le Téméraire, né le 10 novembre 1433 à Dijon et mort le 5 janvier 1477 près de Nancy.

Charles le Téméraire par Rogier van der Weyden, vers 1462. Huile sur bois, GemäldegalerieBerlin.

Le fils de Philippe le Bon est le quatrième et dernier duc de bourgogne de la branche des Valois. Son père l’institua chevalier de la toison d’or trois semaines seulement après sa naissance. Cousin du roi Louis XI, Charles le Téméraire intègre la ligue du Bien Public, un groupe contre le roi de France, avant même d’accéder à la tête du duché.

Lorsqu’il devient duc de Bourgogne, il agrandit le territoire en occupant le duché de Lorraine.

Ce développement rapide entraîne la formation d’une coalition (menée par les cantons suisses et le duc de Lorraine, soutenue de plus par Louis XI) qui inflige une série de défaites au dernier duc, Charles le Téméraire, qui trouve finalement la mort sous les murs de Nancy.

Louis XI, roi de France. Portrait anonyme (xvème siècle), huile sur toile attribuée à Jacob de Littemont (vers 1469). Brooklyn Museum, New York.
Devant Nancy, les troupes lorraines (en bas à gauche) et suisses (en haut à gauche) affrontent et font fuir les troupes bourguignonnes (à droite).
Enluminure de Diebold Schilling le Vieux ornant la Chronique officielle de Berne (Amtliche Berner Chronik), Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, 1483.

Son unique fille Marie hérite des possessions bourguignonnes.

Marie de Bourgogne, née à Bruxelles le 13 février 1457 et morte au Prinsenhof de Bruges le 27 mars 1482, est une princesse de la maison de Valois-Bourgogneduchesse titulaire de Bourgogne de janvier 1477 à mars 1482.

La duchesse Marie par Michael Pacher, vers 1490, Heinz Kisters Collection, Kreuzlingen.

Mais Louis XI se réfère à la loi salique toujours en vigueur, qui précise que seul un homme peut gouverner, pour récupérer les États de Bourgogne. Les terres de celle dont il était le parrain reviennent au royaume de France et la Bourgogne se voit démembrée.

La Bourgogne elle-même devient alors un gouvernement et une généralité du royaume de France

Carte de la France à la mort de Louis XI (1483).

Ressources sur internet :

https://www.destinationdijon.com/destination/best-of/les-ducs-dans-tous-leurs-etats/

https://francetrotter.fr/le-duche-de-bourgogne-un-proche-rival-du-royaume-de-france/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Duch%C3%A9_de_Bourgogne

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/auteur-belge-raconte-saga-ducs-bourgogne-temeraires-1880774.html

http://www.histoire-des-belges.be/au-fil-du-temps/moyen-age/etat-bourguignon/les-ducs-de-bourgogne

https://www.ledauphine.com/magazine-tourisme-et-patrimoine/2021/03/02/le-palais-des-ducs-de-bourgogne-memoire-monumentale-de-dijon

https://lelephant-larevue.fr/thematiques/histoire/les-moments-qui-ont-contribue-a-faconner-la-bourgogne/

https://www.lexilogos.com/bourgogne.htm

https://www.routard.com/guide/bourgogne/891/histoire_et_dates_cles.htm

Podcasts et vidéos :

https://youtu.be/f7ZS4OGT5sI

https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-20-avril-2016